Il y a quelques années, l’étude française Suvimax avait mis en garde contre les effets d’une supplémentation en bêta-carotène (vitamine A) chez les fumeurs. En 2011, c’est une étude américaine de l’Institut national du cancer montrait aussi un lien entre ce complément alimentaire et le cancer du poumon.

Une étude suédoise de l’Institut de médecine de Göteborg, qui vient d’être publiée, arrive aux mêmes conclusions.

Elle montre que des compléments d’antioxydants « accélèrent le développement de lésions précancéreuses ou de cancers précoces du poumon chez des souris et des cellules humaines en laboratoire ».

« Nous avons constaté que ces antioxydants ont triplé le nombre de tumeurs etaussi fortement accéléré leur agressivité. Et les antioxydants ont tué ces souris deux fois plus vite », affirme le Pr Bergö, coordinateur de l’étude. Plus les doses étaient élevées, plus les effets étaient importants.

L’hypothèse est que les antioxydants stimulent la progression du cancer en réduisant la quantité d’une protéine, dite « p53 », dont le rôle est capital puisqu’elle est chargée de détruire les cellules cancéreuses pour qu’elles ne se multiplient pas.

« Ce mécanisme suggère que les personnes ayant de petites lésions ou tumeurs non diagnostiquées dans les poumons, ce qui est plus probable chez des fumeurs, devraient éviter les compléments d’antioxydants », souligne le Pr Bergö.

Dans l’étude, les chercheurs ont donné de la vitamine E aux souris mais d’autres antioxydants comme la vitamine A et C pourraient bien aboutir au même résultat.