Les députés viennent de voter une disposition pour limiter l’usage des antibiotiques chez les animaux d’élevage industriel. En France, ces derniers en ingurgitent plus que les hommes : 1000 tonnes par an pour les premiers contre 600 pour les seconds. Un phénomène inquiétant car il contribue à augmenter la résistance aux antibiotiques, y compris celle des consommateurs puisque la viande (les porcs sont ceux qui en consomment le plus) ou la volaille se retrouve dans nos assiettes.

Or, l’antibiorésistance est une menace réelle. En Europe, 25 000 malades – dont environ 4 000 en France – meurent tous les ans victimes de la virulence de certains microbes dont les traitements n’arrivent pas à venir à bout. Et, selon les experts, la situation va s’empirer si rien n’est fait. Ils relèvent déjà que des germes, jusque-là banals, ont de plus en plus de mal à être combattus : 6 % des Parisiens sont porteurs d’Escherichia coli multirésistante contre 0,6 % il y a six ans, et on évalue à 70 000 par an le nombre d’infections urinaires dues à cette bactérie ne pouvant plus être traitées avec des antibiotiques classiques.

En cause, la surconsommation d’antibiotiques par les patients mais aussi leur usage incontrôlé chez les animaux. Selon l’Agence nationale du médicament vétérinaire, la consommation d’antibiotiques a baissé de 23% entre 1999 et 2010 et un plan Ecoantibio prévoit encore de la réduire de 25 % d’ici à 2017.

Cette volonté se heurte pourtant a un problème : en France, les vétérinaires sont à la fois prescripteurs et vendeurs de médicaments et plus de la moitié de leur chiffre d’affaires est réalisé avec les antibiotiques.