Ani : les retraités sont en colère

François Bellanger, président de la confédération française des retraités, demande une égalité de traitement entre les salariés et les autres pour l’accès à une complémentaire santé.

François Bellanger

Que pensez-vous de la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés ?
Cette généralisation crée des inégalités entre salariés et les autres. Une mutuelle est aujourd’hui indispensable si l’on veut se soigner et plus encore pour les retraités. Ces derniers revendiquent depuis longtemps un traitement fiscal égal à celui dont bénéficient les salariés pour leurs mutuelles dans le cadre des accords obligatoires qui vont être généralisés. Il n’est pas admissible que les retraités n’aient pas accès aux mêmes droits, alors même que du fait de leur âge, ils doivent acquitter des cotisations 3 à 4 fois plus importantes (150 euros en moyenne pour un couple) et que leurs revenus chutent de moitié lorsqu’ils partent en retraite. On vient en plus de leur imposer, depuis le 1er avril, une taxe de 0,3 %, qui va toucher 7,5 millions de retraités pour financer la dépendance.

Comptez-vous exiger les mêmes droits ?
C’est certain. Nous souhaitons obtenir une défiscalisation pour les contrats de complémentaires santé individuels. Si tel n’était pas le cas, nous pourrions porter le contentieux devant la Cour de justice européenne pour discrimination et inégalité de traitement. Il y a des précédents. Les assureurs voiture qui pratiquaient des tarifs différents entre les hommes et les femmes ont été condamnés.