En mai dernier, la cour d’appel de Paris avait annulé la mise en examen pour homicides et blessures involontaires de Martine Aubry pour son rôle au ministère du Travail entre 1984 et 1987,  et de huit autres personnes mises en cause dans le scandale de l’amiante. Les victimes s’étaient pourvues en cassation. Le jugement, rendu le 10 décembre, leur a donné raison.

En effet, à la suite de deux arrêts, la Cour de cassation maintient la mise en examen « non seulement, des responsables principaux d’Eternit mais aussi des décideurs publics et des lobbystes du Comité permanent amiante (CPA) », expliquent l’Association nationale des victimes de l’amiante (ANDEVA) et l’Association des accidentés de la vie (FNATH) dans un communiqué.

Elles rappellent, en outre, que la chambre de l’instruction qui avait annulé ces mises en examen « avait estimé que le Comité permanent amiante n’avait pas eu d’influence sur les pouvoirs publics alors que ceux-ci se sont opposés à la fois au projet américain d’interdiction de l’amiante en 1986 et au projet européen d’interdiction en 1991 sur la seule base de documents transmis par le CPA ».

Mais si les victimes de l’amiante reprennent espoir, elles déplorent « les errements cette chambre de l’instruction qui leur a fait perdre deux ans dans une procédure déjà si longue ».

Elles se félicitent, néanmoins, « que l’ultime tentative des dirigeants d’Eternit pour échapper à leurs responsabilités ait échoué et qu’ils doivent désormais rendre des comptes à la Justice, comme en Italie».