Dans le dossier de l’amiante, Etat et entreprises se repassent la « patate chaude ». Exemple : l’Etat vient d’être condamné par le tribunal administratif d’Orléans pour n’avoir pas fait ce qu’il fallait pour protéger les salariés contre l’inhalation de poussières d’amiante.

La plainte émanait de la société Latty International, en Eure-et-Loir, elle-même condamnée pour « faute inexcusable » en 2012 par la cour d’appel de Versailles, suite au décès d’un de ses techniciens, mort d’un cancer broncho-pulmonaire causé par l’amiante qu’il a respiré pendant seize ans.

L’entreprise qui, devait verser 167 000 euros à la famille pour le préjudice subi ainsi qu’une rente de 544 585 euros au titre de la maladie professionnelle, avait décidé qu’elle n’était pas seule coupable et avait entrepris une action en justice contre les pouvoirs publics pour tenter de se dédouaner.

Le tribunal administratif a jugé que l’Etat était aussi en partie responsable des carences inhérentes à la non prévention des risques liés à l’exposition aux poussières d’amiante et l’a condamné à verser 127 330 euros à Latty International, qui selon les juges “ne pouvait, pas plus que l’État, ignorer les dangers”.

Le drame de l’amiante pourrait faire 100 000 morts en France d’ici 2025. Les victimes et leurs familles attendent toujours un procès pénal comme celui qui a lieu à Turin en Italie et qui a condamné, en 2012, deux des repsonsables de l’entreprise Eternit, l’un des plus gros fournisseurs d’amiante, à 16 ans de prison.