Alzheimer : du Ddt, un insecticide interdit, retrouvé chez les malades

 

Interdit depuis les années 1970 pour sa toxicité, l’insecticide Ddt continuerait-il à faire des dégâts ? Une étude publiée sur le site du Journal of American Medical Association Neurology révèle qu’il pourrait augmenter le risque de maladie d’Alzheimer.

On le sait, le Ddt persiste dans l’environnement pendant des dizaines d’années et contamine la flore, la faune. Il suffit de manger des fruits ou légumes contaminés pour que ce poison se retrouve dans l’organisme humain et y reste pendant dix ans.

Or, sur les 169 patients qu’ils ont observés, les chercheurs ont trouvé quatre fois plus de substance active de l’insecticide, le Dde, dans le sang des personnes atteintes d’Alzheimer que dans celui du groupe témoin.

« L’ampleur de l’effet du Ddt est important, comparable au facteur génétique le plus courant prédisposant à la maladie d’Alzheimer », a déclaré le Dr Allan Levy, directeur du Centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer à l’université Emory (Géorgie) et co-auteur de l’étude.

La piste d’une susceptibilité individuelle est évoquée : en effet, chez les patients porteurs de la mutation génétique prédisposant à la maladie, plus le niveau de Dde était élevé, plus les symptômes l’étaient aussi.

L’hypothèse est que l’insecticide pourrait contribuer à la formation de plaques de bêta-amyloïdes que l’on retrouve dans les neurones des malades d’Alzheimer et qui favorise leur dégénérescence.

Alors que le Ddt n’est plus utilisé aux États-Unis depuis 1972, il y a encore des traces de cet insecticide dans près de 80% des échantillons d’urine de la population.

Il est encore employé dans plusieurs pays en développement.