Alcoolisme : des médecins appellent à autoriser le baclofène

Plusieurs médecins lancent un appel en faveur du baclofène, un médicament myorelaxant. Le Dr Olivier Ameisen, après l’avoir testé sur lui, a en effet révélé dans le Dernier Verre, un livre publié en 2008, que le baclofène pouvait permettre de traiter efficacement l’alcoolisme.

« On considère qu’en France plus de 100 personnes meurent prématurément chaque jour à cause de l’acool. L’alcool est aussi à l’origine de multiples drames, accidents de la route, violences conjugales, passages à l’acte auto- ou héréro-agressifs. C’est un fléau social de grande ampleur qui touche non seulement les patients alcoolo-dépendants mais également leur entourage. Alors qu’il existe un médicament susceptible d’aider une large proportion des patients alcoolo-dépendants, les pouvoirs publics font preuve d’atermoiements et freinent la mise à disposition de ce traitement pour tous ceux qui en auraient besoin », dénoncent les signataires de l’appel.

Deux essais cliniques sont actuellement en cours sur le baclofène. Si les résultats sont concluants, une autorisation de mise sur le marché (Amm) devrait être délivrée pour le traitement de la dépendance alcoolique. En attendant, les signataires (parmi lesquels le Pr Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif d’éthique), demandent à l’Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments (Ansm) qu’il bénéficie d’une recommandation temporaire d’utilisation (Rtu), valable trois ans.

Actuellement, environ 500 médecins prescrivent du baclofène en France et on estime qu’environ 30 000 patients prennent ce médicament. Selon le Dr Bernard Jousseaume, généraliste et président de l’Association des utilisateurs du baclofène et sympathisants (Aubes), dans 75  % des cas, ils deviennent indifférents à l’alcool et arrêtent de boire ou diminuent leur consommation .

 

A LIRE :

Vérités et mensonges sur le baclofène, Dr Renaud Beaurepaire (Albin Michel) : sur 100 patients à qui ce psychiatre de l’hôpital Paul-Guiraud à Villejuif a prescrit du baclofène, la moitié ne boivent plus au bout de deux ans et un tiers beaucoup moins . Alors que le baclofène ne coûte rien et qu’il donne de bons résultats, l’auteur dénonce les « intérêts politico-économiques » qui empêchent qu’un grand nombre de patients puissent être traités et n’hésite pas à parler de « non-assistance à personne en danger ».