Ajaccio – Hospitalisation à domicile : soigner les malades chez eux

L’Union des mutuelles de Corse-du-Sud (Umcs) gère l’unique hôpital à domicile (Had) du département. Cette structure, créée en 2006, propose aux malades des soins habituellement dispensés en milieu hospitalier.

Depuis quelques années, Fernande enchaîne les séjours à l’hôpital. Et pourtant, elle garde le moral, car elle bénéficie de l’hospitalisation à domicile, ce qui lui permet de rentrer au plus vite chez elle : « En cas de besoin, il suffit de décrocher le téléphone ! C’est rassurant de savoir que je peux les joindre à tout moment. » L’Had a fourni tout le matériel nécessaire pour sécuriser l’appartement qu’elle partage avec sa sœur. Trois fois par jour, infirmières et aides-soignantes se relaient pour ses soins…

Comme elle, une vingtaine de patients bénéficient de l’encadrement rigoureux et sécurisant d’une équipe composée d’un cadre de santé, d’un infirmier coordinateur, d’une psychologue, de sept infirmières, de quatre aides-soignantes et d’une secrétaire médico-sociale. Le Dr Yves Fanton, détaché de l’hôpital de la Miséricorde, coordonne les interventions de l’Had et fait parfois appel à d’autres professionnels de la santé : kinés, infirmiers libéraux, pédicure, etc. « L’objectif est de supprimer ou de raccourcir le séjour à l’hôpital de patients qui ont besoin d’une surveillance importante, explique-t-il. C’est un service d’hospitalisation à part entière, qui détient la certification des établissements de santé de la Haute Autorité de santé, suivant les mêmes critères que l’ensemble des hôpitaux et cliniques français. »

Un encadrement rigoureux et sécurisant pour les patients.

Un jeudi de février, 16 heures : Valérie, infirmière à l’Had depuis quatre ans, se rend chez Emilie. Celle-ci se confie facilement à « son » infirmière, et, tandis que Valérie garnit son pilulier et prépare son injection, elle raconte son désarroi face à la maladie qui gagne du terrain, son inquiétude pour Océane, sept ans, sa petite dernière qui ne l’a connue que malade, puis plaisante au sujet « du bel infirmier » qui est venu en début de semaine… Valérie est attentive à tous ces détails ; elle notera dans le dossier de suivi les indications qui assureront la continuité des soins : les actes pratiqués, l’ajustement du traitement, l’intensité de la douleur, l’état d’esprit d’Emilie… Outre ces transmissions quotidiennes, une réunion hebdomadaire est organisée. Et, tous suivent régulièrement des formations.

« Le binôme cadre de santé et infirmier coordinateur est un véritable pivot, affirme Lydie Mercier, cadre de santé responsable du pôle santé de l’Umcs. Nous sommes garants de la coordination de la prise en charge, plus difficile que dans un service hospitalier classique. » Enfin, quand le patient va mieux, il faut organiser sa vie après l’Had. La transition peut se faire sans rupture, grâce au service de soins infirmiers à domicile (Ssiad) de l’Umcs. « Avec l’Had, le Ssiad, le service d’aide à la personne, l’établissement d’hébergement pour person­nes âgées dépendantes, c’est une véritable filière de soins que le mouvement mutualiste met au service de la population », déclare Dominique Andreozzi, directeur de l’Umcs.

• Had, bd Sébastien-Costa, la Rocade, 20000 Ajaccio. Tél. 04 95 23 46 78. Site : www.umcs.fr