Insertion sociale et développement durable vont de pair… pour le bien des hommes et de la planète.

Depuis une dizaine d’années, l’écologie a investi le champ de la solidarité. De plus en plus d’associations d’insertion allient les deux préoccupations, que ce soit en termes de débouchés professionnels – entretien du paysage, maraîchage biologique, récupération et recyclage de matériel… – ou pour leur propre pratique. 

Maraîchage et réinsertion 

Quand on sait que 92 % des Français1 se déclarent inquiets pour l’avenir de la planète, la préservation de l’environnement n’est plus antinomique avec l’insertion sociale, ni considérée comme l’apanage des riches. Les Restos du cœur ne s’y sont pas trompés, qui ont créé très tôt une activité de maraîchage biologique comme outil de réinsertion socioprofessionnelle. Plus d’une quarantaine de Jardins du cœur existent en France, employant chacun entre 8 et 25 personnes avec des contrats de six mois à un an. Le travail en équipe réapprend à ces hommes et ces femmes à vivre ensemble et suscite entre eux des élans de solidarité. « J’insiste beaucoup sur le respect de la nature, le côté biologique du maraîchage… mais aussi sur l’équilibre alimentaire et l’importance de manger des légumes frais. D’ailleurs, tous ceux qui le veulent ont un panier gratuit chaque semaine », explique Jean-Luc Reboul, encadrant technique aux Jardins du cœur de Mazamet, dans le Tarn. Si elle s’exerce à l’égard des « jardiniers » des Restos, avec l’ambition de les conduire vers un projet professionnel, la solidarité est aussi orientée vers les bénéficiaires de l’aide alimentaire. La production des Jardins a vocation à alimenter les centres de distribution pendant toute la campagne de l’association (de début décembre à fin mars). 

Au rythme des saisons

A l’instar des Jardins du cœur, les Jardins de cocagne, réseau fondé il y a dix ans par Jean-Guy Henckel, pratiquent l’insertion par l’économique des chômeurs de longue durée et des bénéficiaires du revenu de solidarité active (Rsa). « L’activité au rythme des saisons et en plein air a un sens : c’est gratifiant de récolter ce qu’on a semé, mais aussi de préparer des paniers qui sont vendus ensuite sur le modèle des Amap [Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne] », explique Jean-Guy Henckel, qui rappelle le principe des Jardins de cocagne, présents à travers l’Hexagone : « Vous avez besoin de légumes, on a besoin de travail. » Nées en France en 2001, les Amap font jouer à plein le principe de solidarité. D’abord avec les agriculteurs, puisque les adhérents, habitants d’un quartier ou d’un village, s’engagent à l’avance, sur une saison, à acheter un panier de légumes2 par semaine à un agriculteur. En acceptant de payer un prix fixe, le groupe de « consommacteurs » assure au producteur, installé à proximité, un revenu stable et partage avec lui les aléas climatiques. En contrepartie, le paysan s’engage à livrer des produits de qualité, variés et surtout sans traitement chimique. Si un panier est peu fourni, voire vide, une semaine, il se rattrapera une autre fois ! La solidarité fonctionne également entre agriculteurs en Amap d’une même région et entre amapiens d’un même quartier, puisque des liens privilégiés se nouent entre gens animés par l’esprit citoyen.
Retrouvez ci-dessous, les sites Internet des organisations citées dans cet article.

Restos du coeur, site Internet : www.restosducoeur.org
Jardins de cocagne, site Internet : www.reseaucocagne.asso.fr
Amap, site Internet : www.reseau-amap.org

  1. Selon un sondage Tns Sofres (avril 2009).
  2. Il existe également des Amap fruits, viande, céréales, etc.