Se soigner devient de plus en plus difficile surtout pour les catégories les plus modestes et l’optique est un secteur où le reste à charge est très important. Une enquête du centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) montre que 38% des bénéficiaires de la CMU-C [fn]Entrée en vigueur le 1er janvier 2000, la CMU-C offre une protection complémentaire santé gratuite à
toute personne résidant en France de façon stable et régulière et dont les ressources sont inférieures
à un certain plafond[/fn], sont confrontés à des restes à charge élevés : 165 € en moyenne par dépense d’optique. Pour y faire face, 6 sur 10 se débrouillent seuls. Cependant, pour une personne sur quatre, la dépense a nécessité une aide de l’entourage (16 %) ou a été reportée, le temps d’économiser la somme nécessaire (12 %).

Un peu plus de la moitié (54 %) des bénéficiaires interrogés ont le sentiment de ne pas avoir eu le choix concernant le reste à charge auquel ils ont eu à faire face, autrement dit de l’avoir “subi”.

Près de la moitié des opticiens, d’après les sondés, ne conseillent
pas comme ils le devraient, alors qu’il est la principale, voire la seule source d’information du bénéficiaire sur le dispositif CMU-C. (l’offre du panier CMU-C, les niveaux de remboursements, les démarches
administratives à accomplir…)

D’autre part, des bénéficiaires parlent d’une offre de montures limitée et peu attrayante : plus de la moitié des bénéficiaires se sont vus
présenter moins de cinq montures par leur opticien, voire aucune pour plus
d’un bénéficiaire sur dix.

42 % ont alors fait le choix de sortir de l’offre proposée dans le cadre de la CMU-C, pour des raisons qui tiennent essentiellement à l’esthétique et à la solidité des montures : “il n’y a aucun choix, il n’y a même pas cinq paires pour les enfants, et elles sont bas de gamme, pas du tout
solides. C’est pour ça que j’ai choisi une autre paire qu’une paire CMU”
explique un bénéficiaire.

Les opticiens estiment de leur côté que les technologies ont évolué, et
que l’augmentation des coûts de fabrication des montures et des verres n’a
pas été prise en compte dans la grille tarifaire de la CMU-C.

Enfin, la proposition d’une liste d’opticiens “labellisés”, disposant d’une offre CMU-C suffisante et de qualité, serait accueillie favorablement par 56 % des bénéficiaires interrogés.

Dans le domaine des soins d’optique, le montant maximum pris en
charge par la CMU-C pour les adultes s’élève à 20 € pour une monture et entre 14 € et 57 € pour chaque verre selon le type de verre. La prise en charge est légèrement supérieure pour les enfants.

La CMU-C prend en charge une paire de lunette par an, sauf modification de la correction visuelle.