Thermalisme : « Une alternative aux médicaments »

Oiliver Dubois, psychiatre aux thermes de Saujon (Charente-Maritime).

Quel type de patients recevez-vous à Saujon ?

Nous recevons ceux qui sont traités pour troubles anxieux (phobies, somatisations, troubles du sommeil et de la concentration, irritabilité, fatigabilité). L’indication thermale est parfaite dans ce type d’affections.

Le thermalisme psychiatrique peut-il être une alternative aux anxiolytiques
et à l’hospitalisation ?

Après des années de pratique, oui, je le vois comme une alternative à l’hospitalisation et aux médicaments, notamment quand les traitements sont mal supportés ou quand on doit régulièrement augmenter les doses.
Les antidépresseurs ont des effets secondaires, quand la cure, elle, n’en présente que de faibles et de passagers. Bien sûr, l’effet d’éloignement de son milieu, celui de la prise en charge du patient rentrent en ligne de compte, mais ils ne font que renforcer l’effet biologique de la cure, qui est réel. L’action des eaux de source a été prouvée par de multiples études. Avec ces soins, on induit une nouvelle perception du corps, on informe positivement le cerveau et le système nerveux.

Les résultats de l’étude 1 que vous menez sur le trouble anxieux généralisé (Tag) pourraient-ils « déculpabiliser » les médecins qui hésitent à prescrire ces cures ?

C’est l’un des objectifs de cette étude. Les cures ne sont pas des cadeaux fait par la Sécurité sociale ! Il est temps de lever la culpabilité qui pèse sur les médecins. Quant aux économies, justement, la médecine thermale y contribue parce qu’elle entraîne une baisse des prescriptions de médicaments et des hospitalisations.

A lire aussi : et

Les mini-cures

« Jeune maman », « diabète », « mal de dos », « antistress » ou « sevrage tabagique » : la médecine thermale, dans une démarche de prévention, propose des séjours de 3 à 6 jours, non pris en charge par l’assurance-maladie.

Sérieux et impartialité

En 2004, les exploitants thermaux et les communes concernées créaient l’Association française pour la recherche thermale (Afreth). Sa démarche ? Soutenir et financer les recherches et études médicales, grâce à un important budget consacré à l’évaluation scientifique des cures thermales. Depuis sa création, plus de 4 millions d’euros ont ainsi été mis à la disposition d’une démarche visant à prouver le sérieux et l’implication de la profession, qui entretient des échanges actifs avec l’assurance-maladie et l’Etat.L’Afreth veille à l’impartialité de sa démarche : son conseil scientifique
est constitué de 11 membres indépendants, choisis avec l’approbation
de la Cnam et de la Direction générale de la santé (Dgs), sous l’égide de la Haute Autorité de santé (Has).Et en matière de prévention, la médecine thermale a voix au chapitre.

  • 1. « Thermalisme et troubles anxieux généralisés ». Premiers résultats début 2008.

Vos réactions

Bien-être

Santé

Protection sociale

Société

Seniors

Environnement

Coup de cœur de la rédaction