Navigation article

Solidarité

Solidarité : les Français croient plus en l'entraide individuelle qu'à l'Etat

A l'occasion du 31e congrès de l'Uniopss, qui s'est déroulé à Lille du 23 au 25 janvier 2013, l'Uniopss et la Macif, ont souhaité interroger la vision qu'ont les Français de la solidarité dans le contexte de crise actuel. La solidarité est-elle toujours une valeur essentielle ? A quels types d'acteurs les Français font-ils le plus confiance ? La solidarité publique doit-elle être encore développée ? 1

75% des Français pensent qu’eux-mêmes ou un de leur proche pourrait se retrouver un jour en situation de précarité

Interrogés sur le fait qu’ils puissent un jour se retrouver, eux-mêmes ou un de leurs proches, en situation de précarité, 75% des Français répondent par l’affirmative ; 30% « oui certainement » et 45% oui, probablement ». Ce risque est anticipé plus encore par les actifs (82%) et les catégories populaires (87%). Ce niveau d’inquiétude individuel élevé explique l’évolution forte du regard des Français sur la thématique de la solidarité. qui est une valeur en baisse

La famille, une valeur refuge

L’inquiétude individuelle explique l’évolution de la hiérarchie des valeurs citées comme importantes par les Français. Cette évolution fait apparaître la recherche de protection et de sécurité dans un contexte de perception d’une progression des injustices sociales. En effet, la famille reste la valeur dominante citée (46%, inchangé par rapport à 2009), comme le tout premier cercle protecteur. Puis sont citées avec une progression importante par rapport à la mesure précédente, l’honnêteté (33%, +9 points) et la justice (32%, +13 points). La troisième valeur en progression est la sécurité (22%, +10 points), cité juste derrière la liberté (29%, +2 points) et le travail (25%, -1 point). La valeur la plus en baisse est la solidarité (20%, -8 points). Notons que les sympathisants de gauche continuent à placer cette valeur au deuxième rang (32%) et les 18-24 ans en 3ème position (29%). S’ils avaient besoin d’aide, ils se tourneraient vers leur famille ou une association bien avant l’Etat. Un Français sur 10 ne saurait pas vers qui se tourner. S’ils étaient en situation de précarité économique et sociale et contraints de demander de l’aide, 58% des Français se tourneraient en premier lieu vers leur famille, 40% feraient appel à une association. Ce n’est qu’ensuite que les pouvoirs publics sont cités : les collectivités locales d’abord (34%), devant l’Etat (17%), derrière les amis (23%). 1 Français sur 10 répond qu’il ne saurait pas vers qui se tourner (et plus encore 18% des ouvriers).

Les Français font plus confiance à l'entraide individuelle qu'à l'Etat

Le regard porté par les Français sur la notion de solidarité a évolué au cours des dernières années : la solidarité est de plus en plus associée à l’entraide (61%, +18 points par rapport à 2004) et à la générosité (30%, +5 points) et de moins en moins à la protection sociale (32%, -10 points). Ces derniers semblent s’interroger sur la capacité de l’Etat providence à prendre en charge la solidarité en temps de crise et préfèrent se tourner vers l’initiative individuelle et les associations. En effet, lorsqu’on interroge les Français sur la confiance dans différents acteurs pour agir efficacement face aux difficultés provoquées par la crise, les premiers cités sont les associations (67% de confiance), devant les initiatives des citoyens (61% de confiance)puis les mutuelles (42% de confiance) et les pouvoirs publics (39%) sont cités ensuite. Au dernier rang, les entreprises et les syndicats sont les deux acteurs auxquels les Français font le moins confiance et dont le niveau a le plus baissé (-10 points et –9 points) par rapport à la dernière mesure de 2009. D’ailleurs, ces derniers estiment qu’à l’avenir l’amélioration de l’aide aux personnes en situation de précarité économique et sociale viendra avant tout des initiatives des associations (61%) et individuelles (44%), devant les collectivités locales (38%), l’Etat (26%) ou les fondations (26%).

Un Français sur deux se dit prêt à s’impliquer dans une association.

Individuellement, pour contribuer concrètement à la solidarité, nos concitoyens se disent prêts à avoir une consommation plus responsable (80% le font déjà ou envisagent de le faire) et un sur deux à s’impliquer dans une association. La proportion se restreint lorsqu’il s’agit d’une solidarité financière, d’un accueil sous son toit et d’un engagement politique : 36% envisagent d’augmenter leurs dons, 34% de souscrire à un produit d’épargne solidaire, 25% d’accueillir un étudiant sous leur toit, 20% d’accueillir une personne dépendante sous leur toit et 17% d’adhérer à un parti politique. Alors que les Français semblent s’interroger de concert sur l’efficacité de l’action publique en matière de solidarité à travers la confiance qu’ils accordent aux différents acteurs, ils ne souhaitent pas pour autant que l’Etat abandonne ce rôle. La majorité (59%) souhaite que les dispositifs de protection sociale en direction des personnes en situation de précarité restent une priorité pour les pouvoirs publics (et en particulier 82% des sympathisants de gauche). Mais 31% estiment que ces dispositifs doivent être réduits dans le cadre d’une réduction des dépenses publiques (en particulier 46% des sympathisants de droite). D’autre part, 46% souhaitent que la solidarité soit avant tout une contribution de l’ensemble de la population organisée par les pouvoirs publics alors que 42% préfèrent que la solidarité soit plutôt une contribution individuelle laissée à l’initiative de chacun. Le débat est très politique puisque 63% des sympathisants de gauche pensent que la solidarité doit être une contribution de tous quand 53% des sympathisants de droite estiment que cela doit être une contribution individuelle laissé à l’initiative de chacun.

Priorité aux malades et aux personnes handicapées

Enfin, les Français souhaitent des dispositifs répondants à des besoins précis et perçus comme urgents. Ainsi la hiérarchie des bénéficiaires prioritaires apparait comme une hiérarchie des besoins. Les personnes en situation de handicap et les personnes malades en tête, les personnes âgées, les sans-abri, les travailleurs précaires, les personnes en recherche d’emploi, les personnes en situation de dépendance. Seulement ensuite sont citées les jeunes, les familles monoparentales, et les familles en général, catégories dont le besoin n’est pas perçu de façon évidente. En toute fin de liste sont cités les réfugiés et demandeurs d’asile qui n’apparaissent pas pour une majorité des répondants comme devant être bénéficiaires prioritaires des aides sociales.

 
  • 1. CSA pour l’UNIOPSS et la MACIF – Les Français et la solidarité – Janvier 2013

Vos réactions

Dans la même rubrique

Société

En direct de notre blog

Bien-être

Santé

Protection sociale

Société

Seniors

Environnement

Coup de cœur de la rédaction