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Novembre 2009 - Quelle est la richesse d'une entreprise ?

Sebola : écolo, éthique et solidaire de la conception à la fabrication

Deux entrepreneurs lillois ont créé, voilà un an, une petite entreprise de vêtements de sports « écoconçus ». Sébola est une marque de tee-shirts, sweatshirts, polos, coupes-vent, shorts et pantalons de sport (et « sportswear ») fabriqués en coton biologique et en polyester recyclé. Mais ce n'est pas seulement le textile qui est écologique.

« Ecoconçu, cela signifie que l'on a limité au maximum l'empreinte écologique laissée tout au long du cycle de vie du produit, depuis la conception jusqu'à la fin de vie, en passant par la fabrication, le transport (bateau plutôt qu'avion) et l’utilisation (les lavages notamment). Pour ce faire, nous avons d'abord travaillé avec des ingénieurs textile », explique Loïc Pollet, à l'origine du projet, avec Philippe de Cagny.

Plus concrètement, le pôle d’expertise grenoblois COnception Développement Durable Environnement (Codde) a analysé pour eux le cycle de vie des textiles selon une douzaine d'indicateurs : la consommation en matières premières, en eau, en énergie, la production de gaz carbonique (CO2) et de déchets dangereux, la réduction de la couche d'ozone, la toxicité de l'air et de l'eau, le mode de transport, etc.

Leur démarche a bénéficié de subventions d’Innotex (un incubateur textile), de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et du Conseil régional du Nord-Pas de Calais.

On apprend ainsi que, par rapport à un tee-shirt en polyester classique, celui à base de polyester recyclé pollue moins l'air (- 23 %), l'acidifie moins (- 19%), provoque moins d'effet de serre (- 12 %). L'impact est moindre, cependant, sur la consommation d'eau (- 4%) et de matière premières (- 6%). Quant coton labellisé « bio » - actuellement produit pour Sébola en Turquie - sa culture pollue nettement moins l'air (- 50 %) et l'eau (- 32 %) qu'avec des engrais et pesticides.

Par rapport à l'avion, le transport en bateau d’Asie « économise » 40 % de gaz à effet de serre et 20 % de ressources naturelles. Laver en machine à 30°C plutôt qu'à 40 permet d'économiser 20 % d'énergie !

Loïc Pollet et Philippe de Cagny revendiquent en outre un côté éthique et solidaire à leur démarche. En effet, la confection des articles en polyester recyclé se fait à Roubaix, ancienne capitale textile du Nord aujourd'hui sinistrée.

Les ateliers de confection en question emploient en majorité des femmes, souvent peu qualifiées, pour lesquelles il est très difficile de trouver du travail dans une ville à taux de chômage élevé. Et « dans une région où quasiment toute la production textile a été délocalisée, il est important de conserver des savoir-faire locaux », estime Loïc Pollet. Quant au conditionnement de la marchandise, il est confié à une régie de quartier lilloise, Mos'art, qui oeuvre dans la réinsertion des femmes par le travail.

Reste maintenant pour la marque à se faire connaître et à se vendre, principalement sur internet. Les clients ciblés sont des hommes et des femmes de 25 à 50 ans, consommateurs de produits bio et acheteurs « responsables ». Ces « consomm'acteurs » sont aussi adeptes des nouvelles technologies et intéressés par la mode, sans être des « fashion victims »! Outre les prix à l'innovation et de mode éthique décrochés, Sébola table pour ses ventes sur le bouche à oreille ainsi que sur les collectivités locales organisatrices de manifestations sportives.

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