Les plafonds pour avoir droit à la Couverture Médicale Universelle Complémentaire (CMUc) vont être revalorisés. 500 000 nouveaux bénéficiaires sont attendus. Quelles conséquences sur les mutuelles ?

Face à la dégradation de l’accès aux soins en France, 500 000 personnes supplémentaires quivont pouvoir mieux se soigner, ce ne peut être qu’une bonne nouvelle. C’est pourquoi, nous sommes favorables à ce que le plafond de ressources pour bénéficier de la CMUc se rapproche du seuil de pauvreté. Cependant, la Ministre déléguée à la lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti a annoncé que cette mesure qui coûterait 250 millions d’Euros serait financée par les complémentaires santé.

Cela revient à dire qu’une nouvelle fois, un tel plan se ferait sur le dos des adhérents mutualistes. Il s’agirait d’un nouveau transfert de charge, ce qui est intolérable ! Pour rappel, c’est aujourd’hui une taxe de 6,27 % sur les cotisations des organismes complémentaires qui finance entièrement le fonds CMU. Cette taxe renchérit les cotisations et participe à l’augmentation croissante du nombre de nos concitoyens qui ne peuvent plus accéder à une mutuelle, ce qui engendre de nouvelles exclusions : c’est un vrai cercle vicieux. Nous ne pouvons accepter que le gouvernement prélève un nouvel impôt sur la santé !

Alors oui à l’ouverture de nouveaux droits mais l’Etat doit retrouver toute sa place dans le financement de ce dispositif. Nous réaffirmons avec force que la CMUc doit essentiellement relever de la solidarité nationale et l’annonce de ce plan doit être l’occasion de remettre cette question sur la table.

D’une manière plus large, il faut vraiment interroger notre société sur la solidarité qu’elle veut mettre en œuvre : des droits sous conditions de ressources ou des droits universels sur le principe fondateur de la Sécu selon lequel chacun participe selon ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Cela amène aux moyens accordés à notre protection sociale.

Vont être intégrées à la CMUC des personnes potentiellement bénéficiaires de l’Aide à la Complémentaire Santé (Acs), est ce pour vous une bonne chose ? }}

Là aussi, cela ne peut qu’être bénéfique en réponse immédiate aux personnes qui disposent de vraiment très peu de ressources. Mais le problème de financement est posé de la même manière. Cette mesure soulève également la question de l’effectivité des droits. Comme le démontre des chiffres publiés récemment, une grande partie des personnes ayant droit à ses aides n’en font pas la demande, faute d’information ou par peur d’être montrés du doigt.

Les mutuelles ont un rôle important à jouer pour les informer et les accompagner dans leur droit à la santé. Au-delà de ces mesures, la vraie réponse est de lutter contre les causes de la pauvreté qui grandit dans notre pays, y compris chez les personnes salariées.