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Environnement

Quand les abeilles battent de l'aile

Un peu partout dans le monde, les abeilles meurent ou ne parviennent plus à revenir à leur ruche. Si plusieurs causes sont évoquées, le contact avec les insecticides pourrait bien être la plus importante.

Les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme : depuis une dizaine d’années, les abeilles disparaissent. Le phénomène est tellement massif que les scientifiques lui ont donné le nom de « syndrome d’effondrement ». Les dégâts sont considérables : depuis 1995, la France perd un tiers de ses abeilles tous les ans, et la production de miel a chuté d’autant. Les Etats-Unis et le Canada ont perdu la moitié de leurs colonies. L’Espagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne… sont touchés également. Pourquoi cette brutale hécatombe  ?

Plusieurs causes sont évoquées (voir ci-contre), mais l’utilisation des pesticides paraît jouer un rôle déterminant. Deux produits, le Gaucho et le Régent, sont sur la sellette. Ils appartiennent à une nouvelle catégorie d’insecticides, dits « systémiques », qui enrobent la semence pour pénétrer dans la plante au cours de sa croissance. Celle-ci devient donc son propre insecticide. Qu’un parasite l’approche et il est exterminé.

Le pollen devient toxique

« Il n’est plus nécessaire de pulvériser l’insecticide, note Béatrice Robrolle-Mary, présidente de l’association Terre d’abeilles. On a juste oublié que ces toxiques allaient se diffuser dans tout le végétal – jusqu’au pollen que les abeilles récoltent et rapportent à la ruche. » Ce qui n’est pas anodin. Des chercheurs américains ont démontré qu’à faible dose le principe actif de ces insecticides a des répercussions sur le système nerveux des abeilles, lesquelles n’arrivent plus à communiquer entre elles, deviennent apathiques… Les butineuses perdent le sens de l’orientation : incapables de rentrer au rucher, elles meurent dans la nature sans que l’on retrouve leurs cadavres. Le butinage devient également moins efficace ou s’interrompt. « Les fabricants ont prétendu que c’était la faute des apiculteurs, qui utilisaient mal leurs produits, mais nos pratiques n’ont pas changé… et qui mieux que nous connaît les abeilles ? », s’insurge Béatrice Robrolle-Mary.Face au doute, l’usage du Gaucho sur le maïs et le tournesol a été suspendu en 2004, et celui du Régent interdit en 2005. Mais, après une légère amélioration, le désastre continue.

La menace court toujours

Car les pesticides ont une particularité bien connue aujourd’hui : ils persistent dans les sols, l’air, l’eau… des années durant. Les abeilles, qui puisent pollen et nectar dans les végétaux, ne peuvent pas échapper à la contamination chimique, qui, selon les travaux du Pr Joe Cummins, de l’université d’Ontario (Canada), affaiblirait leur système immunitaire, les rendant plus vulnérables aux parasites et aux microbes. « Si les abeilles sont malades, ce n’est pas qu’il y a plus de virus qu’avant, c’est qu’elles n’arrivent plus à se défendre contre eux à cause des pollutions à répétition », affirme Béatrice Robrolle-Mary.

Ce n’est pas l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui, dans une étude publiée en février, disculpe le Gaucho et le Régent. Pratiquement dans le même temps, un nouvel insecticide systémique, le Cruiser, était mis sur le marché français – alors que l’Italie, qui l’utilise depuis deux ans, a alerté l’Union européenne sur ses effets meurtriers sur les abeilles et que l’Allemagne vient de l’interdire. Les abeilles ne sont pas les seuls insectes à dépérir. Mais leur rôle est essentiel : elles assurent la pollinisation de 80 % des plantes à fleurs, ce qui représente 35 % de nos ressources alimentaires. Sans elles, ni pommes, ni cerises, ni avocats, ni melons…

Pour en savoir plus sur l’histoire des relations de l’homme avec l’abeille
et sur les dangers qui menacent :

Guérir avec les abeilles,
Muriel Levet,
éd. Trajectoire,
18 euros.

Les butineuses contaminées

Plus de 90 % des plantes génétiquement modifiées contenant
un insecticide, les Ogm sont donc aussi soupçonnés de tuer les abeilles. Car, même si les cultures sont éloignées des ruches, le vent dissémine les pollens, et une abeille peut parcourir jusqu’à 6 à 8 kilomètres
pour aller butiner. En 2006, un apiculteur du Lot-et-Garonne,
Maurice Coudoin, a déposé quelques-unes de ses ruches
à 400, 800 et 1 200 mètres de cultures de maïs BT.
Au bout de six jours, le pollen rapporté par ses abeilles était contaminé de 40 à 60 % par le gène du maïs génétiquement modifié.

Vos commentaires

Bonjour,
je cherche journaliste ou autre personne suffisamment courageuse pour regarder vraiment ce que je montre dans mon site www.eauseccours.com catégorie disparition des abeilles, une personne qui n'hésitera pas à me questionner dans tous les sens pour chercher une faille et enfin osera diffuser la réalité de ce qui se passe dans la nature, même s'il s'agit d'accuser l'excès du trafic aérien.
j'ai déjà prevenu depuis plusieurs mois le gouvernement et j'ai été reçu par mr Saddier
cordialement

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