Procès de l'amiante à Turin : Colpevole (coupables) !

Procès de l'amiante à Turin : Colpevole (coupables) !

Le procès pénal de l'amiante qui s'est achevé le 13 février dernier à Turin est exemplaire. Il est l'aboutissement de 30 années de lutte des victimes de l'amiante en Italie et aura sans doute des répercussions en Europe, et ailleurs dans le monde où l'amiante n'est pas encore partout interdit.

"C'est une première mondiale, un procès sans équivalent, explique Alain Bobbio de l'association des victimes de l'amiante (93) qui a assisté au procès. Pour plusieurs raisons : d'abord par le nombre des victimes : 6000 plaignants, aussi parce que ce sont des responsables au plus haut niveau qui sont condamnés. Egalement par la qualité de l'instruction menée par un procureur courageux et compétent, et puis encore par l'ampleur de la catastrophe elle-même. A Casale-Monferrato (Italie), un quart de siècle après la fermeture de l'usine Eternit, il y a encore des personnes qui meurent de l'amiante. C'est une ville saccagée par des industriels qui connaissaient parfaitement le danger depuis très longtemps et qui ont choisi en connaissance de cause d'exposer des salariés à un risque mortel sans même prendre des mesures minimum."

Beaucoup de retenue et de dignité dans la salle d'audience et un soupir de soulagement lorsque le verdict est tombé : Colpevole (coupables) ! Verdict très attendu par les victimes italiennes venues en nombre ce lundi 13 février.

"La qualification du délit à l'encontre des dirigeants d'Eternit, précise Alain Bobbio, est une « catastrophe sanitaire et environnementale volontairement provoquée et permanente. » C'est considéré en Italie comme un véritable crime social. Je pense que cela devrait appartenir au patrimoine de la justice européenne et mondiale, dès lors où des milliers de personnes perdent la vie parce que des industriels font passer le profit et l'argent avant la santé des gens."

Beaucoup de délégations étrangères d'associations de victimes étaient présentes au procès ce qui fait dire au responsable de l'Addeva que "s'il y a une multinationale de l'amiante, il y a aussi une multinationale des victimes mais avec un autre principe que l'argent, celui de la solidarité."

Interview d'Alain Bobbio : le procès de Turin, quelles suites en France ?

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AMIANTE par cvmviva

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