Le professeur Israël Nisand, Chef du service de gynécologie-obstétrique
du Chu de Strasbourg, a mis en place le réseau Info Ado pour faciliter la contraception des mineures. Interview.
En quoi consiste le dispositif Info Ado ?
Quand on a quinze ans, l’accès à la contraception est possible uniquement dans les grandes villes dans lesquelles existe un centre du Planning familial.
Et encore faut-il qu’il soit ouvert le mercredi !
Info Ado est un réseau de médecins et de pharmaciens volontaires – organisés autour d’un gynécologue – qui reçoivent les mineures anonymement et gratuitement. Le généraliste ne pratique pas d’examen gynécologique, mais interroge la jeune fille sur ses antécédents médicaux, l’écoute et l’informe. Munie d’une ordonnance estampillée Info Ado, cette dernière se rend ensuite chez le pharmacien, qui lui délivre la pilule et lui explique comment la prendre.
Cela en toute discrétion, pas au comptoir. La feuille de Sécurité sociale, anonyme, est traitée sous forme de tiers payant. Cela évite que les parents soient au courant.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (Ivg) chez les mineures a été divisé par deux en Alsace, où Info Ado existe depuis douze ans, et par quatre dans la vallée de la Bruche (Vosges), où il a été créé il y a sept ans.
Grâce à l’information sur la sexualité et la contraception que donnent les médecins du réseau dans les collèges, le dispositif est de plus en plus connu.
Je propose de l’étendre à toute la France pour réduire le nombre d’Ivg chez les mineures, qui s’élève à environ 15 000 par an. Mais cette généralisation se heurte au manque de courage politique. Elle concerne des mineures qui ne votent pas, et des femmes en plus.
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