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Hôpital

Paris : les médecins de l'AP-HP très déterminés à défendre l'hôpital public

C'est à la faculté de la Pitié de Paris, dans un amphi bondé (300 personnes environ) que les médecins de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont approuvé le 15 décembre la décision d'engagement de démission du président et du vice-président de la Commission médicale d'établissement (CME) si le gouvernement ne modifie pas ses plans.

Le président, Pierre Coriat et le vice-président Yves Aigrain ont annoncé publiquement leur volonté de se démettre de toutes leurs fonctions administratives en assurant exclusivement leurs missions de soins, d'enseignement et de recherche si les suppressions d'emplois annoncées (150 soignants médicaux et 1 000 non médicaux) sont maintenus.

Depuis, 31 présidents de Comités consultatifs médicaux (CCM) sur 37, 118 chefs de pôle sur 175 et plus de 400 chefs de service (52 % d'entre eux) les ont imités. Deux sont déjà passés à l'acte: le professeur Bensman, chef du service de néphrologie pédiatrique à Trousseau, et le professeur Jean-Louis Lejonc, chef du pôle gériatrie à Henri-Mondor.

Tous les témoignages ont souligné la dégradation des hôpitaux de l'AP-HP, vaisseau amiral de l'hôpital public. « Il y a va de la survie de l'institution » a déclaré Pierre Coriat qui a réaffirmé sa conviction que « au niveau de la CME nous sommes convaincus qu'on ne peut plus enlever d'emplois ».

« Nos hôpitaux sont à l'agonie a déclaré Denis Devictor, président de CCM . Tous les jours nous avons des difficultés à faire tourner la structure faute de personnel ».

Un rationnement qui ne dit pas son nom

Les médecins ne sont pas contre la réforme bien au contraire. Ils ont pour la plupart dénoncé la vétusté des hôpitaux, le retard d'investissement trentenaire de l'AP-HP. Ils sont prêts à discuter des regroupements éventuels non pas à partir d'une logique comptable mais à partir des besoins de la population. En tenant compte aussi du fait que l'AP-HP est le plus grand CHU de France et que par exemple « trois hôpitaux pédiatriques universitaires «  à Paris ce n'est pas incohérent.

La seule logique possible est donc de partir d'un projet qui mette en perspective ces besoins avec l'ensemble des dépenses de l'institution, personnel et investissement compris, au lieu d'imposer un rationnement qui ne dit pas son nom.

Pour le professeur Grimaldi, l'un des initiateurs du Mouvement de défense de l'hôpital public qui avait convoqué cette assemblée : « on a en France cette idée républicaine de l'égalité d'accès aux soins pour tous. On en est tous imprégnés. Aujourd'hui c'est une rupture ».

La date clef interviendra vers la fin février 2010 le jour de l'annonce de l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) 2010. L'assemblée a voté une motion approuvant le dépôt d'un préavis de grève de 24 ce jour là si l'EPRD « implique des suppressions rendus d'emplois de soignants médicaux ou non médicaux sans justification médicale ».

Cette journée précise la motion « sera aussi l'occasion pour la communauté hospitalière et pour l'ensemble de la population d'accompagner en cortège les responsables de la CME, les présidents de CCM et les chefs de pôle pour la remise de leurs démissions collectives à la ministre de la Santé et à la ministre des Finances. »

Mais d'ici là, la communauté médicale doit élaborer son propre projet pour l'AP-HP a encore déclaré le professeur Grimaldi. Et une délégation participera demain, 18 décembre au rassemblement que convoque l'intersyndicale des personnels devant le siège de l'AP-HP, (avenue Victoria) où se tiendra le conseil d'administration.

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