Motivés pour bouger ? C'est dans le cerveau que cela se passe

Faire du sport est la première résolution des Français pour l’année 2013. Selon un sondage Ipsos rendu public le 31 décembre 2012, 82% des personnes interrogées regrettent ainsi de ne pas s’occuper suffisamment de leur forme physique.

Or les bonnes résolutions ne tiennent pas toujours… c’est du moins ce que montre une équipe de l’Inserm. En effet, si notre mode de vie et les origines sociales peuvent favoriser l’inactivité physique, il semblerait que des origines biologiques entrent aussi en jeu.
« L’incapacité à ressentir du plaisir lors de l’activité physique, souvent citée comme une cause de non adhésion partielle ou totale à un programme d’exercice physique, indique que la biologie du système nerveux est bel et bien en jeu », explique Francis Chaouloff, directeur de recherche Inserm au NeuroCentre Magendie à l’Université Bordeaux Ségalen.

Avec Sarah Dubreucq, étudiante en Thèse, et François Georges, chargé de recherche CNRS à l’Institut Interdisciplinaire de Neurosciences à l’Université Bordeaux Ségalen, il a cherché à identifier les mécanismes neurobiologiques liés à cette inactivité physique. Les chercheurs ont ainsi découvert le rôle important joué par une protéine, le récepteur des cannabinoïdes CB1, lors de la réalisation d’un exercice physique.

En effet, depuis dix ans, les chercheurs savent que pratiquer une activité physique active le système endocannabinoïde chez le sportif entraîné, mais le rôle exact de ce système lors de l’exercice physique est resté longtemps inconnu. Il y a trois ans, la même équipe de recherche bordelaise a observé que des souris mutantes n’ayant plus de récepteur aux cannabinoïdes du type CB1, le principal récepteur du système endocannabinoïde dans le cerveau, couraient moins longtemps et sur de plus courtes distances que leurs congénères sains quand on leur donnait la possibilité d’utiliser une roue d’exercice. Autrement dit, sans ce récepteur, la souris était moins motivée pour réaliser un exercice physique.

L’étude publiée dans la revue Biological Psychiatry tente ainsi de comprendre « comment », « où » et « pourquoi » l’absence de ce récepteur CB1 diminue de 20 à 30 % les performances d’exercice volontaire chez des souris ayant accès à une roue d’exercice 3 heures par jour.
Les chercheurs ont ainsi montré que ce récepteur était situé dans une aire cérébrale associée aux systèmes de motivation et de récompense et que cette localisation avait bien une incidence sur la motivation à accomplir ou non un exercice physique.

Cette étude révèle le rôle important joué par le système endocannabinoïde dans les performances d’exercice physique.
« Si cette hypothèse motivationnelle est validée, ce récepteur jouerait donc plus un rôle dans l’adhérence à l’exercice que dans les performances physiques stricto sensu », expliquent les chercheurs.
Ces travaux ouvrent aussi de nouvelles voies de recherche quant aux médiateurs du plaisir, voire de l’addiction, associés à la pratique régulière de l’exercice physique.

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