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Médicaments

Mediator : l'indignation des victimes

La colère monte chez les victimes du Mediator : «Il y a plus d’un an, quand le fonds d’indemnisation des victimes a été créé, on était contents, souligne le Dr Dominique Courtois, président de l’Association d’aide aux victimes du Mediator (Avim). Mais ce qui se passe aujourd’hui est inadmissible. Sur les 7800 dossiers qui ont été déposés à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam), seuls 10% ont été traités, et plus de 90% de ces derniers ont été rejetés. Que quelques-uns ne se justifient pas, on peut le comprendre, mais autant de refus, ce n’est pas possible.»

Le 5décembre dernier, la pneumologue Irène Frachon, la première à avoir alerté le grand public sur le scandale du Mediator, Gérard Bapt, député de Haute-Garonne et président de la mission d’information parlementaire sur le Mediator, l’Avim et Cadus, une autre association de victimes, ont réclamé la démission du président de l’Oniam, Roger Beauvois.

Leur critique ? Le dysfonctionnement, et notamment le manque de transparence, du collège d’experts mis en place pour examiner les demandes d’indemnisation. «On ne sait pas vraiment ce que ce collège fait, ni comment il raisonne. Apparemment, il agit au cas par cas, explique le Dr Irène Frachon. Nous demandons un moratoire pour remettre tout à plat et -établir des règles claires, avec une grille d’évaluation du préjudice.»

«ON NE SAIT PAS VRAIMENT COMMENT LE COLLÈGE D’EXPERTS RAISONNE»

Actuellement, en effet, aucun bilan n’est disponible pour vérifier la cohérence des avis qui ont été rendus, les procédures ne sont pas standardisées, les critères d’imputabilité sont flous, ce qui, selon la pneumologue, «laisse craindre l’usage de critères aléatoires, variables dans le temps et selon les experts présents».

Pire : alors que la loi pour l’indemnisation des victimes n’a pas fixé de seuil minimal à l’attribution d’un déficit fonctionnel causé par la prise du Mediator, le collège d’experts semble -récalcitrant à reconnaître les valvulopathies les plus modérées.

« Elles ne vont pas tuer les patients, mais on ne connaît pas leur évolution à dix ou vingt ans. Cette incertitude est une véritable angoisse pour les victimes. Où met-on le curseurde l’indemnisation?» interroge Irène Frachon. Bruno Toussaint, porte-parole de la revue indépendante Prescrire, tranche : «Le doute doit bénéficier au patient. Le collège d’experts doit être au service des victimes, il semble l’avoir oublié. »  

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