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Port-Royal : le drame qui relance le débat sur les maternités
Février 2013

Port-Royal : le drame qui relance le débat sur les maternités

Le drame d'une maman qui perd son bébé, dans des circonstances qui restent à éclaircir, à la célèbre maternité parisienne de Port-Royal, fait la une des journaux et relance le débat sur les maternités. Les françaises ont beau être dans le trio de tête européen au niveau de la fécondité, tout n'est pas rose. Selon la région où elles habitent, leur milieu social ou leurs revenus, les femmes ne seront pas suivies pendant leur grossesse et leur accouchement de la même façon.

Avec 3,8 décès pour 1000 naissances, la France est passée, en quelques années, du 7e au 20e rang européen en termes de mortalité infantile1. Un bilan accablant dressé par la Cour des comptes dans un rapport publié en 2012. Certes, la France reste en tête des pays européens en matière de fécondité, mais cette position est plus liée à des raisons culturelles et probablement à sa politique familiale qu’à la qualité du suivi de la grossesse ou de la prise en charge des accouchements. Car, si ces dernières années, avec la médicalisation de la grossesse, des progrès considérables ont été faits en matière de sécurité, tout n’est pas si rose au royaume des bébés français… D’abord, parce que certaines maternités pratiquent beaucoup cette médicalisation, et parfois de manière injustifiée, ensuite parce qu’elle peut être génératrice d’angoisse chez les parents, et rares sont les structures qui proposent d’autres manières de vivre un accouchement. Ensuite, parce que les moyens ne sont pas toujours au rendez-vous pour que les naissances en France se passent dans les meilleures conditions : maternités surchargées dans les grandes villes, déserts médicaux à la campagne, durée d’hospitalisation toujours plus courte, drame de la prématurité et dépassements d’honoraires. Selon le lieu de résidence, le milieu social, les revenus financiers, l’égalité dans les conditions de suivi de la grossesse et face à l’accouchement n’est, aujourd’hui, pas toujours respectée. Tout le dossier :

Mère de plus en plus tard 28,1 ans, c’est l’âge moyen auquel les femmes ont leur premier enfant (source Insee). Il était de 24 ans en 1967. Les raisons de cet allongement sont multiples : études plus longues, entrée dans la vie professionnelle plus tardive. Les sans-diplômes créent leur famille près de cinq ans avant les diplômées. Les mères les plus précoces vivent plutôt dans le nord de la France et dans les départements d’outre-mer. Les plus tardives habitent en Ile-de-France, en Midi-Pyrénées et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
  • 1. La mortalité infantile est le rapport du nombre d’enfants morts avant l’âge d’un an au nombre total d’enfants nés vivants. Elle sert essentiellement à juger de la qualité des soins obstétriques et pédiatriques d’un pays.

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