Maladies non transmissibles : des scientifiques interpellent l'Onu et l'Oms

Maladies non transmissibles : des scientifiques interpellent l'Onu et l'Oms

Les 19 et 20 septembre, à l'initiative de l'Organisation des Nations-unies (Onu) et de l'Organisation mondiale de la santé (Oms), des experts de haut niveau se réunissent à New-York afin de définir un plan de lutte mondial contre les maladies non-transmissibles.

Ces pathologies (cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires – asthme compris –, diabète, etc.) tuent 36 millions de personnes dans le monde chaque année et sont responsables de 63 % des décès dont plus d'un quart surviennent avant l'âge de 60 ans, surtout dans les pays en voie de développement. Des chiffres qui devraient encore s'aggraver dans les années à venir en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Méditerranée Orientale.

Le tabac et l'alcool ne sont pas responsables de tout

En cause dans cette “épidémie” fulgurante selon l'Oms, le tabagisme, la sédentarité, une alimentation déséquilibrée, l'alcoolisme... Mais les comportements individuels n'expliquent pas tout. Loin s'en faut.

C'est ce qu'ont voulu pointer plus d'une centaine de scientifiques internationaux dans une lettre ouverte à l'attention des organisateurs du sommet : “Nous soutenons les recommandations en faveur d'une limitation de la consommation de tabac et d'un régime alimentaire sain, pauvres en sucres raffinés, graisses saturées et sel mais nous n'acceptons pas que des pressions émanant d'intérêts économiques mettent en péril les efforts déployés par la communauté internationale des professionnels de santé pour accompagner ces populations vers un changement de comportement responsable”.

Le travail et l'environnement doivent être pris en compte

Les signataires demandent également aux experts d'élargir la problématique à d'autres facteurs de risques comme le travail, particulièrement celui des enfants, et l'environnement.

Et de citer la pollution physico-chimique qui contamine l'air, l'eau, les sols... ainsi que la présence dans notre milieu professionnel et domestique de “substances cancérogènes, tératogènes, perturbateurs endocriniens et autres agents toxiques”. Les expositions professionnelles étant encore plus importantes “dans les pays du Sud qui ne disposent pas de médecine du travail”, insistent-ils .

Ils attirent également l'attention sur les personnes les plus sensibles à cette pollution que sont les femmes enceintes et les enfants et sur des maladies émergentes comme les troubles de la fertilité.

Pour les signataires, le sommet – dont les résolutions vont être déterminantes sur les politiques de santé des prochaines années – doit absolument comprendre les propositions adoptées lors de la réunion préparatoire d'avril dernier. Dont celle que “tous les pays adopteront et mettront en œuvre une réglementation pour protéger les populations, en particulier les plus vulnérables, contre les cancers environnementaux et professionnels”.

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