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Loire et Haute-Loire : quand rien ne va plus dans les services de radiothérapies

Un seul service de radiothérapie en fonctionnement pour près d'un million d'habitants : tel est le peu glorieux résultat des politiques des agences régionales d'hospitalisation (Arh) Rhône-Alpes et Auvergne, ces six derniers mois.

Les accidents survenus dans les services d'Epinal et Toulouse ont eu un effet «dévastateur» qu'ils ne revendiquaient pas : celui de faire fermer, au nom de la qualité des soins, des services qui pouvaient fonctionner. A condition d'y investir un peu. Mais investir en matériel neuf ou en personnels supplémentaires, dans les hôpitaux, il n'en est plus question. Bien au contraire.

On applique, avant même qu'elle ne soit définitivement votée, la loi Bachelot - Hôpital, patients, santé, territoire (Hpst) - et les établissements hospitaliers doivent être rentables.

Le Puy-en-Velay fermé depuis six mois

C'est le service de radiothérapie de l'hôpital Emile-Roux, au Puy-en-Velay, qui en a fait les frais le premier. La préfecture de la Haute-Loire, dont le ministre Laurent Wauquiez est maire depuis un an, n'a plus droit à son service.

Il a fermé il y a six mois. En catimini. Le service ne possède qu'un seul appareil de radiothérapie, qu'il faudrait remplacer bientôt. Les patients n'ont qu'à venir à Saint-Etienne, à l'Institut de cancérologie de la Loire1. Le personnel -les manipulateurs radio- est « prêté » à l'Icl, géré par la Mutualité française.

De juillet à fin février, ils ont fait les trajets quotidiennement entre les deux villes (80 kilomètres, deux fois par jour) pour compléter le personnel de la structure stéphanoise, qui ne pouvait prendre en charge, seul, toute cette surpopulation.

Mais, en janvier, la situation se corse encore. Le nord du département de la Loire -le Roannais - est à son tour privé de radiothérapie. Là, pourtant, le service et le matériel sont tout neufs. Il y a deux appareils, comme le préconisent les nouvelles normes. Mais ce sont deux radiophysiciens dont les contrats arrivent à terme à peu près en même temps qui déstabilisent, par leur départ quasi simultané, l'organisation du service. Momentanément. Mais l'Arh Rhône-Alpes décide la fermeture.

C'est le tollé dans les deux villes. Tant au Puy qu'à Roanne, des pétitions circulent, à l'initiative des syndicats Cgt. A Roanne, où la Mutuelle de France Roanne (Mfr)2 fait aussi signer la pétition syndicale, une large délégation sera reçue, courant mars, au ministère de la Santé.

Porteuse de plus de 20 000 pétitions, elle y reçoit l'assurance que tout sera fait pour la réouverture du service roannais... lorsque des embauches auront été réalisées.

A Saint-Etienne, grève et rassemblement le 2 avril

Mais à Saint-Etienne, qui croule sous les demandes de rendez-vous, c'est la panique. Pas de personnel supplémentaire. Depuis le 1er mars, les manipulateurs radio du Puy-en-Velay ne viennent plus et préparent la réouverture du service du Puy. « Nous sommes en conflit avec la direction depuis le 13 janvier », précise Huguette Julien, secrétaire du syndicat Cgt du CH Emile-Roux.
« Il y a la radiothérapie, plus tout le reste. ça ne va plus du tout […] Nous arrivons à des contradictions fortes », estime la syndicaliste. Elle-même infirmière, elle constate à quel point la situation, pour les personnels, s'est dégradée et va se dégrader encore, puisque là aussi des suppressions de postes sont prévues. Nous avons choisi de tout faire pour que la radiothérapie rouvre. »

Le 1er avril, l'Arh Auvergne confirmait cette réouverture pour les jours à venir. Mais elle sera progressive, en attendant que l'appareil soit renouvelé, normalement très prochainement.

Les manipulateurs radio de l'Institut de cancérologie stéphanois, eux, se sont mis en grève en fin de semaine dernière. Les rendez-vous sont tous assurés, bien évidemment. Mais ils entendent protester, en portant une petite pancarte au dos de leur blouse, contre une politique arbitraire qui ne tient pas compte du bien-être de malades chroniques, souvent âgés et peu facilement transportables.

« Nous avons constaté que des personnes renonçaient à leurs soins, à cause des distances à parcourir », relève Virginie Fayard (Cgt Icl). Les patients s'enchaînent toutes les douze minutes, parfois jusqu'à 21 heures. Les manipulateurs radio refusent ce rythme, qui les contraint à passer moins de temps avec les malades.

Le syndicat Cgt de l'Icl appelle à un rassemblement, ce jeudi 2 avril, à 16 heures, devant l'Institut de cancérologie, à côté de l'hôpital Nord.

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