Les amalgames dentaires au mercure amenés à disparaître

La disparition des amalgames dentaires au mercure est programmée. Un traité international contre le mercure, signé à Genève samedi 19 janvier, prévoit, en effet, leur diminution. Chacun des 130 pays signataires devra s'engager à prendre au moins deux mesures parmi une liste qui va de leur déremboursement à la fixation d'objectifs pour les réduire ou encore la recherche de solutions alternatives par les dentistes...

Bien que le traité reste relativement flou (aucune échéance, aucun objectif chiffré n'ont été avancés), Marie Grosman, de l'association « Non au mercure dentaire » admet, dans le journal Le Monde, que « Nous militons pour une interdiction pure et simple mais c'est un résultat positif. Les amalgames sont en Europe la première source d'exposition et de contamination corporelle au mercure ».

La France en utilise beaucoup

La France est le pays d'Europe où les dentistes continuent à ne pas lésiner sur le mercure. Chaque année, 15 à 17 tonnes sont employées pour fabriquer les amalgames qui servent à obturer nos caries, ce qui représente 30% de la consommation de mercure utilisé en Europe, selon un rapport de la Commission européenne publié l'année dernière.

Le mercure est connu pour être un perturbateur endocrinien et un neurotoxique qui pourrait notamment affecter le cerveau et engendrer des troubles du développement. Des études ont ainsi montré que le quotient intellectuel d'un enfant était inversement proportionnel au taux de mercure présent dans le cordon ombilical. Un lien entre une exposition précoce et des troubles de l’attention, de l'hyperactivité, voire des symptômes autistiques sont également évoqués. Mais « Les risques les plus importants sont encourus par les professionnels de la dentisterie », note le Réseau Environnement Santé (RES).

Certains pays l'interdisent déjà

En juin 2011, le Conseil de l’Europe a adopté une résolution invitant à «  la restriction, voire à l’interdiction des amalgames comme matériaux d’obturation dentaire  ». La Norvège, la Suède, le Danemark les ont déjà supprimés, le Canada, les Etats-Unis en ont limités l'utilisation, l'Italie ne s'en sert quasiment pas et, en Suisse, la pose d'amalgames n’est plus enseignée dans les facultés dentaires.

En 2011, la France était encore un des seuls pays à s'opposer à la suppression des amalgames dentaires en Europe. Une position qui a évolué en juin 2012 comme en témoigne les propos publiés sur le site de la Commission européenne: « Compte-tenu des préoccupations environnementales et des questions émergentes relatives aux conséquences de la multi-exposition et aux effets des faibles doses, et tenant compte des nouvelles données sur le marché , les autorités françaises ne s'opposent pas à une suppression des amalgames au mercure dans le traitement de la maladie carieuse ».

Pour le RES, « Il reste à espérer que l’Union Européenne, qui doit prochainement prendre ses décisions sur le mercure dentaire dans le cadre de sa stratégie communautaire, fasse preuve d’une entière responsabilité et d’une pleine indépendance». Un récent rapport de l’agence BIO Intelligence Service, commandité par la Commission Européenne, préconise une interdiction de l’amalgame à l’horizon 2018.

Vos commentaires

Reste à savoir quand la mesure sera effective ....
Je crains qu'on ne s'empoisonne encore longtemps ..avant qu'une interdiction definitive soit appliquée ...
Cela rejoint tout le reste des alertes dangereuses qui sont complètement ignorées dans les mesures restrictives ou d'interdictions ...
Cerise 'fille Distilbene' donc qui sait de quoi elle parle ....malheureusement ..

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