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Environnement

La pollution atmosphérique réduit l'espérance de vie

Depuis dix ans, les preuves des effets nocifs de la pollution atmosphérique sur la santé se multiplient : le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé les gaz d’échappement des moteurs diesel comme étant« cancérigènes pour les êtres humains ». L'étude la plus récente et la plus vaste à ce jour, réalisée auprès de 2,1 millions de Canadiens adultes confirme le lien observé entre morbidité, mortalité et niveau d'exposition, "à des niveaux de particules fines nettement inférieurs à ceux observés dans la plupart des villes européennes ».

Dans son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), paru ce mardi, l’Institut de veille sanitaire (Invs) dresse ainsi un inquiétant état des lieux de quinze années de surveillance et d’étude sur la qualité de l’air.

« Près de deux ans d’espérance de vie pourraient être gagnés dans les villes les plus polluées d’Europe si la pollution pouvait être ramenée aux niveaux préconisés dans les lignes directrices de l’OMS relatives à la
qualité de l’air », remarque Michal Krzyzanowski, du Centre européen de l’environnement et de la santé de l’OMS, dans son éditorial.

Six mois d'espérance de vie en plus pour les Parisiens

L’étude Aphekom, menée dans 25 villes européennes dont neuf françaises montre ainsi que si l'on abaissait le niveau des particules fines à 10 µg par m³, valeur guide préconisée par l’OMS, l'espérance de vie augmenterait de 7,5 mois pour les Marseillais, environ six mois pour les Parisiens, les Lyonnais et les Strasbourgeois et de quatre mois pour les Havrais ou les Toulousains âgés de 30 ans et plus.

D’un point de vue général, les programmes d’étude français et européens ont mis en lumière le rôle particulièrement néfaste des particules fines (PM2,5) émises principalement par le trafic routier, et leur implication dans l’aggravation, voire l’apparition de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires. Près de 15% des asthmes de l’enfant pourrait ainsi lui être attribué.

De même, force est de constater que la persistance d’effets sanitaires à court terme de la pollution de l’air existent même à de faibles niveaux de pollution. Pire : il n’existe pas de seuil en deçà duquel aucun impact n’est observé.
« L’accumulation de preuves sur les effets de cette pollution sur la santé invite à des approches politiques plus radicales et globales, non seulement pour maintenir les niveaux de pollution en dessous des niveaux imposés par certaines normes légalement contraignantes ou par des valeurs limites, mais aussi pour réduire davantage l’exposition de la population, même lorsque les normes sont respectées », note Michal Krzyzanowski.

L'impact sur la santé des mesures anti-pollution

Ainsi, des études montrent que des mesures de restriction de la circulation automobile ou de la réduction des polluants peuvent avoir un impact positif sur la santé de la population. En Europe, la réduction du taux de soufre dans les carburants imposée en 1993 par une directive européenne a porté ses fruits : une baisse globale de 66% du taux de dioxyde de souffre a été observée dans vingt villes européennes. A partir de l’année 2000, près de 2 200 décès prématurés ont ainsi pu être évités par an.

De même, les mesures prises pour réduire les embouteillages lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 et de Pékin en 2008 avaient permis une nette amélioration de la qualité de l’air, associée à une diminution du nombre des consultations aux urgences et des hospitalisations pour asthme.
En revanche, toutes les mesures ne sont pas si efficaces. Pour preuve, la mise en place de péages urbains à Londres, en 2003, à Milan en 2008 ou à Stockholm en 2006 n’a pas eu l'effet escompté sur la réduction de la pollution atmosphérique et donc, sur la santé des habitants.

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