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La Mutualité et six centrales syndicales lancent le débat sur la protection sociale

Lors de la première table ronde, ( l'égalité d'accès à la prévention et à des soins de qualité), les quatre intervenants se sont accordés sur le constat d'urgence qui motivait un tel événement. Le transfert des dépenses de santé aux ménages ne cesse de s'aggraver a souligné Thierry Beaudet ( FNMF): « ces transferts sont le résultat d'une sécu qui ne parvient pas à s'équilibrer car elle est sous financée. On parle du déficit de la sécurité sociale mais le premier déficit ce sont les inégalités d'accès aux soins. »

Repenser le système de soins

Pour Nadine Prigent ( CGT) «  il faut repenser la globalité du système , s'attaquer aux dépassements d'honoraires, repenser la rémunération à l'acte pour aller vers un paiement forfaitaire, et quant à la liberté d'installation des médecins, ceux qui ont de moins en moins le choix aujourd'hui ce sont les malades ». François Joliclerc (UNSA ) a souligné «  le déficit démocratique »: «  pourquoi tant de Français disent-ils que l'on peut dérembourser ? En fait la majorité d'entre eux dépensent peu pour la santé. C'est quand la longue maladie frappe qu'ils mesurent les vertus de la solidarité. On ne se rend pas compte de ce que la solidarité nous reverse. Et en plus cette solidarité est masquée, ça aussi c'est un déficit du débat démocratique ».

Lors du débat dans la salle, une participante dénonce la mise en place des agences régionales d'hospitalisation : «  il existait déjà des organismes régionaux les Cram ( caisse régionale d'assurance maladie ) et les Urcam ( unions régionales) qui réunissaient les trois régimes de base de la sécu et que les ARS suppriment. On a transféré les tâches faites par des organismes de la sécu avec gestion de la sécu pour créer des organismes étatiques gouvernés par un proconsul. »

Lors de la seconde table ronde ( quel financement de la protection sociale en santé?), Gaby Bonnand ( CFDT) a rappelé le rôle économique et social de l'assurance maladie: «  la fonction de l'assurance maladie ne consiste pas seulement à verser des prestations. Par ses remboursements, elle finance un système de soins qui pèse pour 11% dans le PIB et représente 11 millions d'emplois . Emplois non délocalisables et hautement qualifiés. » Selon lui «  le financement doit reposer sur l'ensemble des revenus et il faut s'attaquer aux 486 niches fiscales . »

Vers un changement de système

«  Je pense que le gouvernement veut nous amener vers un changement de système» prévient Jean Marc Bilquez ( FO) tandis que Bernard Salengro ( CGC) intervient sur « le transfert considérable des pathologies professionnelles sur l'assurance maladie : selon les estimations du bureau international du travail cela représente 2 à 3% du PIB, soit 50 milliards d'euros . Et combien de cancers professionnels, combien de TMS non reconnues? Il y a un énorme problème d'imputabilité ». Il propose une autre piste «  imposer les produits importés ».

Gaby Bonnand insiste lui aussi sur «  le scandale que représentent les 30 milliards d'exonérations fiscales: leur objectif c'est d'abaisser le coût du travail ». Il interroge « : pourquoi le financement ne repose- t- il que sur la masse salariale? Pourquoi pas sur une partie des dividendes, de la richesse qui sort de l'entreprise? »

Dans la salle encore, Jean Paul Benoit ( Fédération des Mutuelles de France) précise qu''il n'est pas juste de transférer les cotisations des entreprises sur les ménages. Il souligne cette anomalie: « Total contribue à la hauteur de 3% de son chiffre d'affaires au financement de la sécurité sociale et un hôpital entre 70 à 80 % ».

Dans la salle, Pierre Yves Chanu ( CGT, vice président de l'Accos, la commission des comptes de la secu) relève que « le premier problème en France c'est l'énorme pression des actionnaires . C'est ainsi que la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de trois points par rapport à 1960 ». Il rajoute: «  les actionnaires ne se sont pas souciés de la manière dont on crée la richesse. L'aggravation des conditions de travail, la flexibilité, la déqualification du travail ont fait pression sur les salaires et cela a eu des effets importants sur la création de la richesse. Il faut travailler sur ces question qui sont des éléments du pouvoir d'achat et vont renforcer les recettes de la sécu. Il faut s'intéresser aux conditions de la production des richesses. Ne laissons pas la formation du gâteau aux actionnaires ».

Gaby Bonnand conteste l'idée de taxer les importations manière de récupérer «  la sueurs des ouvriers du tiers monde » que les syndicalistes d'ici doivent aider à se donner eux aussi une vraie protection sociale.

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