Joseph Bellemin a rejoint le Secours catholique de la Savoie il y a trois ans. Une implication presque naturelle pour ce militant mutualiste. « Je souhaitais donner un peu de mon temps libre. Et puis, on connaît toujours quelqu’un qui nous dit : viens… » Il ne regrette rien.

Gérard Laveille, lui, vice-président de l’Union des mutuelles de France Savoie, occupe la fonction de secrétaire général du Secours populaire dans ce même département. Retraité mais « bénévole à temps plein », dit-il en souriant.

Responsable du secteur centre-ville de Chambéry, Joseph Bellemin constate que le Secours catholique est de plus en plus sollicité : « La progression de + de 30 % des demandes d’aide enregistrée en 2009 au niveau national se vérifie à l’échelle du département. » On frappe à la porte de l’association pour des raisons multiples : difficultés à se loger, factures non payées, problèmes familiaux, financiers…

Mais Joseph Bellemin remarque que le problème numéro un est celui de la perte d’emploi, ou de la précarité de celui-ci.
« Nous voyons arriver des personnes d’autres communes. Elles font le pari que, dans une ville plus grande, comme Chambéry, il sera plus facile de retrouver un travail. »

Malheureusement, la situation n’est pas meilleure. Un constat partagé par Gérard Laveille : « Nous voyons de plus en plus de gens entrer dans la précarité : familles monoparentales, mais aussi des retraités, des veuves… et des jeunes. »

Des situations similaires se multiplient également en milieu rural, où l’aide alimentaire transite par les assistantes sociales : « Ils n’osent pas venir chercher leur colis », se désole Gérard Laveille. Beaucoup ne connaissent pas leurs droits, tandis que d’autres s’enfoncent dans le désespoir.

Autre constat, la diminution du pouvoir d’achat. Du coup, de plus en plus de personnes au bas salaire se rendent dans les épiceries sociales, comme celle du Secours catholique, ou vont au Secours populaire, dont les boutiques proposent des vêtements à petits prix.

Des libres-services de la solidarité, mis en place au sein des comités du Secours populaire pour la période des fêtes de fin d’année, ont été très fréquentés. « Preuve que de plus en plus de familles n’y arrivent plus », constate l’un ; « Il suffit de peu pour dévisser », précise l’autre.