Gueugnon : l'affaire du parking radioactif

Gueugnon : l'affaire du parking radioactif

Décontamination du site ou recouvrement des déchets radioactifs ? Le sort de ces 22 000 tonnes de déchets enterrés sous le parking du stade de foot de Gueugnon en Saône-et-Loire était une fois de plus débattu lors d'une réunion de la commission locale d'information et de surveillance (Clis) qui s'est tenue le 21 avril dernier à Charolles. Principaux protagonistes de cette affaire : la mairie, Areva, l'Etat et les associations écologistes.

Areva est propriétaire d'un terrain servant principalement de parking pour le stade de football ; terrain qu'il met à disposition de la municipalité. Ce lieu public fait parti d'un site plus vaste où en 1955, fut implanté une usine d'extraction de l'uranium. L'installation a fonctionné pendant 25 ans. En 1980, bâtiments et équipement sont démantelés, et le site déclaré assaini. La plus grande parcelle qui recèle 220 000 tonnes de déchets et aujourd'hui sécurisée après maintes péripéties. Reste le « parking irradiant ».

L'Areva soutient qu'il n'y a pas d'irradiation anormale

Les mesures effectuées dans le cadre de « auto-surveillance  réglementaire» et validées par les experts de l'Etat, sont contredites par les relevés du laboratoire indépendant de la Criirad. « L'ensemble du parking » explique son président Roland Desbordes, « présente un niveau d'irradiation anormalement élevé avec des pointes au pied des lampadaires ». Cette particularité suggère que les déchets radioactifs ont pu remonter en surface lors de travaux d'intallation de l'éclairage.

Ces éléments font pencher la balance en faveur d'une décontamination. Or, pour l'heure, Le projet présenté par Areva comporte seulement une réfection de la couverture du parking et quelques aménagements. Question de finances : le montant des travaux dépasserait les 500 000 euros alors que la décontamination seule, sans aménagements coûterait a minima 700 000 euros.

Pour Dominique Lotte, le maire de Gueugnon, qui estime que le dossier évolue dans le bon sens :« l'objectif est qu'il n'y ait aucun risque pour la population ». La solution de recouvrement, si elle était adoptée explique -t-il devrait devrait faire l'objet d'une surveillance dans le temps incluant tous les partenaires notamment les associations écologistes. Areva s'engageant à refaire la couverture en cas de dégradations. Et certains d'ironiser sur la durée de cet engagement, les déchets conservant leur radio activité pendant 300 000 ans.

Roland Desbordes rappelle que le ministre Jean Louis Borlot s'est engagé en faveur de l'assainissement des terrains pollués. « La Direction Régionale de l'industrie de la Recherche et de l'Environnement doit imposer , et elle en a les moyens, à Areva l'enlèvement des déchets. Nous sommes prêts à aller en justice si nécessaire » déclare le président de la Criirad. Le maire quant à lui est bien décidé à laisser le parking fermé, voire à rompre la convention avec l'Areva si la sécurité n'est pas assurée.

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