Grippe H1N1 : des médecins interpellent le directeur de la santé

Faut-il prescrire systématiquement des antiviraux (Tamiflu® ou Relenza®) en cas de symptômes grippaux comme le recommande une directive du Ministère de la santé en date du 9 décembre ? C'est l'interrogation d'un collectif de médecins, le Formindep, qui demande des précisions au Directeur général de la Santé.

Contrairement à ce qui se faisait jusqu'ici, le prescription de l'antiviral Tamiflu®, nom commercial de l'oseltamivir, ne serait plus réservé aux cas les plus graves de grippe H1N1, mais devrait être faite dès les premiers symptômes. Pour en faciliter l'accès, ce médicament sera en outre distribué gratuitement dans les pharmacies sur prescription médicale.

Cette recommandation, explique le Directeur Général de la Santé, dans un courrier envoyé aux médecins le 9 décembre, a été formulée « sur proposition des experts ». Elle se justifie par « la progression de la pandémie sur le territoire national, la circulation active et prépondérante du virus H1N1 et l'augmentation du nombre d'hospitalisations et de formes graves ».

Or, estime le Formindep, « ces recommandations sont en contradiction avec les données scientifiques fiables actuellement portées à notre connaissance. »

Le «résumé des caractéristiques des produits (RCP) » qui est la notice officielle du produit, précise « que l’effet attendu en traitement curatif est une diminution de la durée de l’épisode grippal évaluée à 24 heures, qu’en traitement post exposition l’oseltamivir (nom scientifique du Tamiflu®) diminue le risque de contamination secondaire de 6 %: selon ces données, il faudrait ainsi traiter plus de 16 personnes-contacts pour éviter une grippe classique. Il est par ailleurs indiqué que les études auxquelles se réfèrent le RCP ne mettent en évidence aucune efficacité du médicament dans le traitement des personnes âgées de 65 ans atteintes d’insuffisance cardiaque et respiratoire, ni chez les enfants asthmatiques. »

En outre, poursuit le Formindep, « L’oseltamivir n’a jamais démontré aucun effet sur la diminution de la mortalité ni le taux d’hospitalisation des personnes atteintes d’un syndrome grippal à l’exception d’une méta-analyse entièrement contrôlée par le laboratoire Roche commercialisant le Tamiflu®, dont les données brutes sont inaccessibles, et dont les résultats qui font polémique sont largement remis en cause par le British Medical Journal du 12 décembre et les membres de la Collaboration Cochrane. »

En conclusion le Formindep demande au Ministère de la santé de « bien vouloir nous communiquer dans les meilleurs délais l’ensemble du texte de la recommandation, son argumentaire, et les éléments et niveaux de preuve sur lesquels elle se fonde. Nous vous remercions également de bien vouloir nous adresser l’analyse exhaustive du rapport bénéfice risque de l’usage extensif de l’oseltamivir en population générale, en particulier sur la grippe A (H1N1v).

Enfin les experts auxquels vous faites référence n’étant pas identifiés, nous vous demandons communication de leur identité et de leurs déclarations publiques d’intérêts ainsi que l’exige la loi pour tout collaborateur de la Direction Générale de la Santé. »

- L'appel du Formindep et les réactions de nombreux médecins sur le site du Formindep: www.formindep.org

- Le dossier sur la grippe H1N1 comprenant les principales recommandation sur le site de l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afsaps): www.afssaps.fr

Vos commentaires

Le 3 décembre, la pharmacovigilance européenne faisait état de 55 décès notifiés pour 5,7 millions d'injections de Pandemrix (1 / 100 000). Le 16, le même organisme ne signalait "que" 57 décès notifiés pour 17,4 millions de personnes piquées. Bien sûr, celà ne prouve pas que le Pandemrix peut avoir des effets secondaires mortels, mais ça prouve par a+b que la pharmacovigilance de ce vaccin n'est PAS assurée !!!
Au niveau français, l'Afsapps n'a jamais rapporté un seul décès dans les jours suivant une injection de Pandemrix : c'est carrément miraculeux : statistiquement, avec ou sans vaccination, quelques décès subits (2 à 4 environ) auraient dû survenir.
DE QUI SE MOQUE T'ON ???

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