Le laboratoire de microbiologie de l’hôpital de la Timone tire la sonnette d’alarme : les infections sexuellement transmissibles (Ist) sont en hausse en 2012 en Région PACA.
Ce laboratoire est le seul organisme en France qui permet de suivre les phénomènes saisonniers et les variations de l’incidence des maladies infectieuses et contagieuses en temps réel. Et le constat qu’il fait est frappant : sept cas de gonococcies (baptisées plus familièrement « pisse-chaude ») ont été diagnostiqués à Marseille en septembre 2012, alors que le nombre moyen était plutôt de 1,2 cas depuis janvier 2005. Ce pic correspond aussi à 10 fois le nombre de cas de gonococcies diagnostiquées de septembre à décembre 2012 par rapport aux mêmes mois des sept années précédentes.
En hausse également en 2012, les syphilis actives avec 2,7 fois plus de cas (164 cas) que durant la période 2005-2011 et surtout le nombre de personnes primo-infectées par le VIH : ce chiffre est 1,8 fois plus élevé en 2012 (16 cas) qu’au cours des années 2005-2011 (9 cas en moyenne).
Selon le Pr Didier Raoult, directeur du laboratoire de microbiologie de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille, la recrudescence des IST serait dû à un relâchement de l’utilisation du préservatif – “en particulier chez les hommes jeunes homosexuels”. En effet, les hommes sont particulièrement touchés par l’augmentation de ces infections : 81% pour les cas de gonococcies, 89% pour les syphilis et même 100% pour les primo-infections au VIH!
Mais la situation enregistrée à Marseille n’est pas un cas isolé. Le nombre d’IST augmente aussi dans le reste de la France et en Europe. Or si les gonococcies et la syphilis peuvent être traitées par un traitement antibiotique, c’est loin d’être le cas pour les infections VIH qui nécessitent un traitement antirétroviral à vie.
Le port du préservatif reste donc plus que jamais le moyen de se protéger contre les IST.