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Des accidents liés à la prise de la pilule sous-déclarés
Médicaments

Des accidents liés à la prise de la pilule sous-déclarés

Selon un document, que se sont procurés le quotidien Le Figaro et les journalistes de l’AFP, un hôpital universitaire (dont le nom n’a pas été mentionné) aurait relevé entre 1998 et 2012, 47 cas d’effets indésirables graves (embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde ou encore accident vasculaire cérébral) chez des femmes âgées de 15 à 25 ans. Parmi ces cas, potentiellement liés à la prise d’une pilule contraceptive, deux personnes sont décédées.

En extrapolant à la population générale ces chiffres qui couvrent une population de 800 000 habitants, « cela représente environ 3900 cas d'effets indésirables graves dont 165 décès de jeunes femmes de15 à 25 ans. Au moins la moitié de ces cas serait directement attribuable à la pilule », note le Figaro, dans son édition de ce mardi.

Or, seulement trois cas, dont aucun décès, ont fait l’objet d’une déclaration de pharmacovigilance aux autorités compétentes, révèle ce document qui a été remis ce week-end à l’Agence nationale du médicament (Ansm).

De son côté, l'Agence du médicament a recensé depuis 1985, 567 déclarations d'accidents "thromboemboliques veineux" liées aux pilules et 13 décès. 262 cas signalés concernent les pilules de seconde génération, 244 étant associés à celles de troisième génération, progressivement apparues sur le marché durant les années 1990.

Les patients peuvent désormais déclarer les effets indésirables d'un médicament

« Peu de soignants déclarent les effets indésirables aux centres de pharmacovigilance, au motif d'un manque de temps, d'un excès de "formalités administratives", d'un manque de retour d'informations, etc., rapportait la revue médicale indépendante Prescrire dans son éditorial du 2 janvier 2013. Les autorités de santé doivent l'encourager, notamment par un retour d'informations ».

Or une nouvelle réglementation pourrait améliorer la signalisation des effets indésirables des médicaments. En effet, dans le cadre de la loi HPST et de la nouvelle réglementation européenne (règlement 1235/2010 et directive 2010/84/UE du Parlement Européen et du Conseil du 15 décembre 2010), un décret du 10 juin 2011 permet désormais aux patients et aux associations de patients de déclarer, sans passer par un professionnel de santé, un effet indésirable lié à un médicament. L’objectif est ainsi d’élargir la base de recueil et de détecter des signaux d’alerte complémentaires que ceux normalement rapportés par les professionnels de santé. L’ouverture du système national de pharmacovigilance aux patients devrait permettre de le rendre plus performant et transparent.

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