Amiante : les victimes continuent d'être bafouées

Amiante : les victimes continuent d'être bafouées

« Amisol, honte à la justice française à l'égard de la pire usine d'amiante française », tel est l'intitulé de la pétition qui circule sur www.petitionpublique.fr pour soutenir les ex-salariés d'Amisol, victimes de l'amiante.

Pour cause, le 8 février dernier, la cour d'appel de Paris a décidé que le procès de Claude Chopin, ex-PDG d'Amisol, une usine de textile située à Clermont-Ferrand qui a fabriqué de l’amiante pendant 40 ans, n'aura pas lieu.

Ayant succédé à son père à la direction de l'entreprise dans les six mois qui ont précédé sa fermeture en 1974, il était mis en examen « pour empoisonnement et homicide volontaire ». 

« Aucune charge n'est retenue contre lui au motif que les faits commis en 1974 ne peuvent pas être appréciés avec les exigences de santé publique apparues depuis », pointe le communiqué de soutien aux victimes d'Amisol, essentiellement des femmes. « La mémoire des faits s'efface », a considéré la cour d'appel.
Pourtant, dès 1971, le Chsct de l'entreprise faisait état de cas d'asbestose (fibrose broncho-pulmonaire) et de cancers de la plèvre liés à l'inhalation de la fibre tueuse.

Etouffer les affaires plutôt que les juger

La colère monte chez toutes les victimes de l'amiante qui attendent un procès pénal depuis 16 ans, date des premières plaintes. Or, en janvier dernier, déjà, le ministère de la Justice, demandait à la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, coordinatrice du dossier pénal de l'amiante depuis 7 ans au pôle de Santé Publique du Tribunal de grande instance de Paris, de quitter ses fonctions le 28 février prochain. Motif : la limitation de durée des mandats des juges spécialisés. Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui dénonce le "déni de justice" dont sont victimes les ouvrières d'Amisol, devrait rencontrer la ministre de la Justice le 18 février.

« La décision rendue à Paris contre les victimes d'Amisol témoigne d'une volonté politique d'étouffer l'affaire de l'amiante. C'est à cela qu'aura servi la création du pôle judiciaire de santé publique : non pas à juger mais à étouffer... », dénonce le communiqué de presse qui y voit un mépris de toutes les victimes de scandales sanitaires :

« Cette décision scandaleuse qui éconduit les victimes de la pire usine d'amiante française va cependant beaucoup plus loin qu'Amisol. Elle est dangereuse pour tous. Elle signifie que les effets différés des empoisonnements industriels, qu'il s'agisse de l'amiante ou autres toxiques mortels pourraient ne jamais être jugés. La porte est ainsi ouverte à tous les abus, toutes les impunités des véritables responsables ».

Déterminés à aller jusqu'au bout pour qu'on leur rende justice et que les coupables soient punis, les anciens salariés d'Amisol ont déposé un pourvoi en cassation.
On estime, qu'en France, la catastrophe de l'amiante fait 3000 morts par an.

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