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Actimut : retrouver le plaisir des gestes perdus

« Ambiance détendue ce jeudi midi dans la piscine chauffée à 28 °C du Centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Trestel (22660 Trévou-Tréguignec). Neuf personnes (sept femmes et deux hommes) se meuvent avec bonne humeur dans le petit bain en suivant les consignes de Maguelone Vallée, professeur en activités physiques adaptées, maître-nageuse et coordinatrice du service Actimut de prévention par les activités physiques adaptées de la Mutualité française Côtes-d’Armor.

Pour ce groupe, dont les participants accusent un surpoids ou souffrent de problèmes cardiaques, l’accent est mis sur les déplacements : « Le milieu aquatique qui les porte leur permet de renouer sans douleur avec un type de mouvements qu’ils ne pratiquent plus guère hors de l’eau. On se sert aussi de la résistance du milieu pour favoriser le renforcement musculaire et l’entraînement cardiologique », indique Maguelone Vallée, attentive au moindre signe d’essoufflement qui pourrait apparaître chez l’un de ses élèves… « J’en vois qui ont pris des couleurs », plaisante-t-elle en décrétant une pause durant laquelle chaque participant va contrôler son pouls.

Gagner en mobilité

Yvonne, qui vient pour la première fois, n’effectue pas tous les exercices mais cherche plutôt à apprivoiser le milieu aquatique : « C’est la première fois que j’ai de l’eau jusqu’à la poitrine… Il faut que je m’habitue parce que j’ai envie de continuer », confie-t-elle. « C’est toujours un moment de plaisir », remarque une autre participante, qui suit régulièrement ces séances depuis trois ans. « Dans l’eau, j’arrive à bouger sans me faire mal et je constate qu’au fil des mois j’ai beaucoup gagné en mobilité. »

Avec le second groupe, dont les participantes souffrent de douleurs articulaires, le travail est plus statique. « J’insiste sur les étirements, le renforcement musculaire du dos, le travail des épaules, des genoux et des poignets… Je fais très attention à la bonne orientation des membres pendants les exercices », explique l’animatrice. En fin de séance, le groupe est invité à pratiquer des étirements et de la relaxation dans un petit bassin où la température de l’eau atteint les 34 degrés. « C’est un peu la récréation, sourit Maguelone. Mais je ne fais pas ça avec l’autre groupe car l’eau chaude est déconseillée aux personnes cardiaques. »

Retrouver son autonomie

Les séances de gymnastique douce, en salle de sport, sont organisées avec le même souci d’adapter le contenu de l’activité aux caractéristiques physiques et aux capacités de la personne. On y utilise un matériel varié – ballons, balles de massage, bâtons, tapis, poutres, mousses –, pour travailler les déplacements, la coordination, sans oublier la respiration, les étirements et la relaxation. Chacun peut se fixer ses propres objectifs. « Pour une personne en surpoids, le travail au sol pose souvent un vrai problème, explique Maguelone Vallée. On va passer par toute une série d’étapes avant d’y parvenir. Quand le travail est régulier, les gens sont heureux de constater qu’ils retrouvent des facultés dont ils ne se croyaient plus capables. Récemment, une dame m’a dit qu’elle avait retrouvé le plaisir de jouer sur la plage avec ses petits-enfants. »

Les professeurs utilisent également la dynamique de groupes restreints où les personnes se sentent à l’aise pour favoriser l’échange, l’encouragement mutuel, voire l’émulation. « Au final, on cherche à rendre les personnes autonomes pour qu’elles pensent à réutiliser dans leur vie quotidienne les techniques qu’on leur a enseignées : faire des étirements après une séance de jardinage ou un long voyage en automobile, par exemple. »

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