La Semaine européenne de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus se déroulera du 24 au 30 janvier 2015. L’occasion, pour l’Institut national du cancer (Inca) et le ministère de la Santé, en partenariat avec les caisses d’assurance-maladie, de lancer une nouvelle campagne d’information.

Cette campagne d’information veut mettre l’accent sur les « bonnes pratiques » en matière de dépistage, sensibiliser les femmes qui ne se font pas ou trop peu dépister et rappeler que le frottis doit être réalisé tous les trois ans dès 25 ans et jusqu’à 65 ans.
A cette occasion, les professionnels de la santé seront mobilisés, des documents d’information seront diffusés, ainsi que deux nouveaux spots radio qui s’adresseront plus particulièrement aux femmes qui se font dépister moins régulièrement. Aujourd’hui, 40 % des femmes ne réalisent pas de frottis régulièrement et, après 55 ans, elles sont plus de 50 % à ne pas se faire dépister tous les trois ans. Il s agit surtout des femmes issues de catégories socioéconomiques les moins favorisées, les femmes de 25-30 ans et celles de plus de 50 ans. Il est en effet important de rappeler que le suivi par frottis ne s’arrête pas à la ménopause : les anomalies liées aux virus Hpv, infection à l’origine des cancers du col utérin, évoluant lentement, les frottis sont recommandés jusqu’à 65 ans et ce, même en l’absence de rapports sexuels.

Par ailleurs, réaliser un frottis régulièrement, tous les trois ans est essentiel : la plupart du temps, les anomalies ne sont asymptomatiques. Quand les symptômes apparaissent, le cancer est déjà souvent à un stade avancé, et donc plus difficile à guérir. Le frottis permet de détecter des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et ainsi de soigner plus précocement ce cancer, voire d’éviter son apparition.
En revanche, faire un frottis tous les ans ou tous les deux ans n’est pas recommandé et peut exposer à un risque de sur-diagnostic, notamment de lésions qui auraient régressé spontanément et donc de sur-traitement, avec un risque de séquelles sur le col de l’utérus. La balance bénéfices/risques situe donc la bonne régularité à trois ans.
 
Frottis : pas que les gynécologues.
 
En France, près de 9 frottis sur 10 sont réalisés par les gynécologues. Or, de nombreuses femmes n’ont pas de suivi gynécologique régulier, notamment les femmes de 50 à 65 ans et les femmes des catégories socioéconomiques les moins favorisées ou habitant certains départements à faible densité de médecins, ou doivent y renoncer en raison de dépassements d’honoraires importants.
Il est donc capital de faire savoir aux femmes qu’un frottis peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue, une sage-femme ou dans différents lieux de soins (centres de santé, centres de planification ou d’éducation familiale, ou, sur prescription, dans certains laboratoires d’analyses de biologie médicale).

Cancer du col de l’utérus :  les chiffres à retenir
 
· 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chaque année en France.
· Plus de 1 100 femmes meurent chaque année de ce cancer, l’un des seuls pour lequel le pronostic se dégrade en France, avec un taux de survie à cinq ans après le diagnostic en diminution
· Des lésions pré-cancéreuses identifiées chaque année chez plus de 31 000 femmes.
· 90 % de ces cancers pourraient être évités par un dépistage régulier par frottis.
· Depuis trente-cinq ans, 2 fois moins de femmes sont touchées par ce cancer, notamment grâce au frottis.
· 40 % des femmes en France ne font pas de frottis régulièrement.