“Ecoutons ce que les enfants ont à nous dire ” tel était l’intitulé de la consultation nationale lancée par l’Unicef France. L’organisation a interrogé 22500 enfants de 6 à 18 ans dans 73 villes. Ils ont répondu à 133 questions couvrant les grands domaines de leur vie quotidienne.

Les résultats envoient un message fort : près d’un enfant sur cinq, 17 %, est en situation “jugée préoccupante” d’exclusion sociale. Parmi eux, 7 % sont en situation d’exclusion extrème “déjà pris dans un processus de disqualification sociale” explique le sociologue Serge Paugam qui a analysé cette étude.

1 enfant sur 4 n’a pas sa chambre à lui, 1 sur 10 ne se sent pas respecté par les adultes. Près d’1 enfant sur 10 également n’a pas assez chaud chez lui l’hiver. Mais le chiffre le plus préoccupant concerne une majorité d’enfants. 55 %  auraient déjà été confrontés à une situation de harcèlement en milieu scolaire

Concernant la santé, l’équilibre alimentaire semble atteint pour plus de neuf enfants sur dix : 94 % des enfants mangent trois repas par jour, 92 % mangent au moins une fois par jour de la viande ou du poisson et 91 % mangent des fruits et des légumes tous les jours. 83 % reconnaissent que c’est au sein de leur établisssement scolaire qu’ils ont appris à manger de manière équilibrée. La question de l’hygiène, en revanche, reste plus préoccupante : 85 % considèrent que leur quartier et propre mais 67 % seulement que les toilettes de leur école, collège ou lycée le sont également. 16 % estiment que l’on ne respecte pas leur intimité aux toilettes de leur établissement scolaire.

Si l’accès aux soins semble presque généralisé (96% disent que leurs parents peuvent les emmener chez un médecin s’ils sont malades et 95 % peuvent aller aux urgences s’ils tombent ou se blessent) ils ne sont que 62 % à affirmer qu’il y a une infirmière dans leur école, collège ou lycée. 18 % vont rarement chez le dentiste.

3 millions d’enfants pauvres

Certaines questions concernaient uniquement les ados : 19 % reconnaissent fumer, 28 % à avoir consommé de l’alcool de manière importante et avoir été en situation d’ivresse, 38 % à avoir été sollicités pour consommer de la drogue et 8 % pour la diffuser. Il est à noter également -et bien que l’alcool soit interdit aux mineurs- que 52 % d’entre eux affirment pouvoir se procurer facilement de l’alcool. 

L’enquête a développé un critère d’intégration sociale et de bien être.

50 % des enfants interrogés ont une intégration sociale très bien assurée avec une très bonne intégration familiale, un cadre de vie excellent, une forte confiance dans leur entourage, un fort accès aux soins, une forte participation à la collectivité, une très bonne intégration dans le quartier et à l’école, une absence de privation, 33 % connaissent une intégration assez bien assurée, enfin 17 % connaissent une intégration précaire ou très précaire. 

 

On estime à 3 millions, le nombre d’enfants pauvres en France. Et si la France est l’un des pays de l’OCDE qui dépense le plus pour ses enfants, sa protection sociale et son système éducatif; pour autant, ces politiques ne parviennent pas à combattre efficacement les conséquences de la pauvreté et à enrayer le cercle vicieux de l’exclusion.