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Annie Thébaud-Mony
Santé

Le nouveau livre d'Annie Thébaud-Mony dénonce la collusion entre chercheurs et industrie

Amiante, pesticides, plomb, nucléaire, téléphonie mobile, Ogm... Dans son livre « La science asservie », à paraître le 20 novembre, la sociologue de la santé, Annie Thébaud-Mony, montre comment de nombreux chercheurs contribuent à instaurer une « stratégie du doute » sur les risques auxquels les populations sont exposées.

Une stratégie qui a commencé avec le tabac quand les fabricants ont nié les conséquences de la cigarette sur la santé des fumeurs avec la complicité de certains scientifiques (dont l'industrie finançait les travaux) et qui a continué avec le scandale de l'amiante. La même fabrique de l'incertitude est à l'oeuvre aujourd'hui avec les perturbateurs endocriniens ou encore les faibles doses de polluants...

La chercheuse dénonce ce « processus de confiscation de la science au service des intérêts privés de grands groupes industriels, souvent avec la complicité active de l'Etat ». Un système dont le seul objectif est de noyer le poisson et de conditionner les citoyens dans l'idée que les études sont contradictoires, qu'on ne sait pas, qu'on ne peut pas conclure... alors que bien souvent, les conséquences des toxiques sont connues.

Tout se passe comme si les chercheurs « détenaient un savoir scientifique indiscutable », souligne Annie Thébaud-Mony tandis que les « gens ordinaires ne disposeraient que de connaissances empiriques profanes ». Selon elle, depuis un siècle, la recherche en santé publique s'inscrit dans ce paradigme du doute, exigeant toujours plus de preuves, toujours plus de liens de causalité, impossibles à fournir.

Les gagnants de cette bataille sont les industriels, les perdants, les usagers à commencer par les ouvriers qui, en 2008, avaient dix fois plus de risques de mourir d'un cancer qu'un cadre supérieur, contre quatre fois plus en 1984...

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