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Chez les plus démunis, moins d'un adulte sur deux à jour dans ses vaccinations

Le 17ème bilan annuel de Médecins du Monde, publié à l'occasion de la Journée du refus de la misère, dénonce une situation toujours aussi difficile pour l'accès aux soins des personnes en situation de précarité.

De faibles taux de couverture vaccinale, des retards de recours aux soins qui touchent près d'un patient sur deux, voire des renoncements aux soins...Le 17ème rapport annuel de Médecins du monde sur l'accès aux droits et aux soins des plus démunis en France avance des chiffres toujours aussi alarmants.

Publié à l'occasion de la Journée mondiale de refus de la misère, le bilan se base sur les 31 555 consultations réalisées par l'ONG en 2016. Avec comme principale observation, la difficulté pour les personnes en situation de grande précarité d'accéder aux soins. 47 % des patients sont ainsi concernés par un retard de recours aux soins alors que 38 % nécessitent une prise en charge urgente ou assez urgente.

Près de 60 % des patients ayant consulté dans les centres de soin de Médecins du Monde souffrent d’une pathologie chronique et 80 % nécessitent un suivi et/ou un traitement, "ce qui pose la question des modalités de prises en charges dans un contexte où la plupart d’entre eux ne disposent d’aucune couverture maladie et vivent dans des conditions d’extrême précarité", souligne le rapport.

Un faible taux de vaccination 

Ainsi, parmi les plus démunis, moins d'une personne de plus de 15 ans sur deux est à jour pour le tétanos, la diphtérie, la polio et la turberculose et moins d’une sur trois pour la rougeole, la coqueluche et l’hépatite B. Si les enfants de moins de 15 ans sont, eux, plus couverts, les chiffres restent encore loin des objectifs de santé publique qui tablent sur 95 % de taux de couverture pour garantir une protection efficace à l'ensemble de la population.

Chez les femmes rencontrées, seules 29 % des 25-65 ans ont indiqué avoir réalisé un frottis cervico-vaginal au cours de leur vie, soit trois fois moins que dans la population générale française. Seules 12 % des femmes en âge de procréer ont indiqué utiliser une contraception, soit cinq fois moins que dans le reste de la population. Quant aux femmes enceintes, près de la moitié présentent un retard de suivi de grossesse. Seules 40 % ont eu accès à des soins prénataux, alors même que 14 % d'entre elles présentent des antécédents de grossesses pathologiques.

Autre élément d'inquiétude : seuls 21 % des adultes accueillis en consultation médicale dans les centres de santé connaissaient leur statut sérologique pour les hépatites et 26 % pour le VIH.

Une couverture maladie presque inexistante

En 2016, 13 % des personnes ont déclaré avoir renoncé aux soins au cours des douze derniers mois. Les motifs du renoncement aux soins sont divers: pour près d'un patient sur cinq, ce sont principalement les difficultés financières qui en sont la cause, avec l'impossibilité d'avancer les frais, ou de souscrire à une complémentaire santé.

Mais ce sont surtout les difficultés administratives et les démarches "trop complexes" qui sont pointées du doigt par l'ONG, qui évoque même des pratiques "abusives" du côté des administrations comme des demandes de document injustifiées ou des refus d’adresse déclarative. 84 % des patients de Médecins du monde ne disposent en effet d'aucune couverture maladie lors de leur première venue aux centres de soin de l'ONG, "alors que la grande majorité pourrait théoriquement en bénéficier", précisent les auteurs du rapport.

Autre obstacle, la dématérialisation des services publics qui constitue une véritable barrière, selon Médecins du Monde, à l’accès aux droits pour un certain nombre de personnes, en particulier celles ne disposant pas ou ne maîtrisant pas les usages d’Internet. L'ONG réclame ainsi la garantie d'alternatives au tout-numérique, tout comme la suppression de l'Aide médicale d'Etat dans l'optique d'un rattachement au régime général afin d'"entériner de manière pérenne l'universalité de l'accès aux droits".

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