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Santé

L'actrice Anny Duperey demande un retour à l'ancien Levothyrox

En hypothyroïdie depuis douze ans, Anny Duperey témoigne des effets indésirables qu'elle rencontre, comme des milliers de patients. Les associations réuniront vendredi une conférence de presse.

Anny Dupery adresse sa lettre à Agnès Buzyn, ministre de la Santé.

« Je suis traitée depuis une douzaine d’années pour hypothyroïdie, compensée jusqu’à ces derniers mois sans aucun problème, par la prise de ce médicament.

Je fus avertie par mon pharmacien du changement d’excipient dans le Levothyrox, ce qui ne m’a aucunement inquiétée, et j’ai continué à le prendre en toute confiance.

Des malaises très inquiétants sont alors apparus en rafale, et pas une seconde je n’ai pensé qu’ils étaient la conséquence de ce changement de formule ! Aucune méfiance ! Ce n’est que lorsque j’ai lu la pétition mise en ligne dernièrement que j’ai compris ce qui se passait…

C’est pourquoi je suis particulièrement révoltée lorsque j’ai lu des propos dans le style « Tout changement est anxiogène… », surtout chez des patients soumis, de par leur pathologie, à des « troubles de l’humeur » – comme si nous étions des imbéciles influençables, des faibles d’esprit prêts à « se faire des idées » pour un rien. C’est insultant.

Moi, je n’ai eu aucune angoisse préalable, nulle inquiétude.

Pourtant… sont apparus, par ordre d’entrée en scène :

  • maux de tête et vertiges – au point de demander à faire un echo-doppler de circulation cérébrale, fin avril, avant de partir tourner à l’étranger. Résultat : rien d’anormal ;
  • crampes au réveil, retour de douleurs articulaires au niveau des hanches ;
  • faiblesse musculaire telle, que j’ai dû abandonner l’exercice physique, pourtant doux, qui m’était salutaire ;
  • constants problèmes digestifs et intestinaux – que la bienséance m’interdit de décrire –, mais qui vont jusqu’à s’avérer socialement handicapants !
  • épuisement tel, que pour assurer une journée de tournage, je me vois contrainte de prendre moult cafés, ou du Guronsan pour « tenir » la journée, après, je m’écroule ;
  • mais on ne dort pas bien pour autant : réveils nocturnes, avec impossibilité de se rendormir !
  • j’ai fait par deux fois un contrôle sanguin, car je me sentais « comme si » j’étais de nouveau en hypothyroïdie – dosage normal, pour ma part. Donc, je ne comprenais rien.

L’on m’a rapporté que le directeur de l'Ansm a affirmé à la radio, samedi dernier,  que cette nouvelle formule du Levothyrox avait cours dans toute l’Europe. C’est faux. Les Français sont les seuls « cobayes ». Quand un responsable si haut placé profère un si énorme mensonge, ce n’est pas très bon signe…

J’ai entendu aussi affirmer que ces malaises étaient « transitoires » – comment le savent-ils, puisque les malades français sont les premiers à expérimenter cette formule ? Et que veut dire « transitoire » alors qu’apparemment, aucun des effets secondaires ne faiblit au fil des mois, et qu’au contraire, chez moi, ils augmentent ?

Puisque tous nos pays voisins ont refusé cette nouvelle forme catastrophique du Levothyrox, que les Pays-Bas l’ont abandonné après l’avoir testé, va-t-on favoriser une sorte de « marché noir de l’ancienne formule » à nos frontières, comme pour le tabac ?

Quand on sait que ce produit est vital pour des milliers de personnes, dont on pourrit la vie sans même qu’elles sachent pourquoi on les oblige à subir cela, c’est un honteux scandale.

Ha ! J’oubliais un autre effet secondaire :

Moi qui suis d’un caractère doux, je suis en permanence exaspérée. Serait-ce par hasard dû à la colère d’être contrainte d’ingurgiter un produit qui me fait à présent plus de mal que de bien ? Bien sûr que non ! Nos responsables de la santé publique vous affirmeront que cette mauvaise humeur est due à la faiblesse de ma thyroïde… Evidemment !

Si l’un d’eux osait me rétorquer cela, je lui ferais bien avaler la plaquette et le carton avec !

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