La case de santé en sursis ?

Implantée depuis 2006 dans le quartier Arnaud Bernard, à Toulouse, la case de santé est un centre de santé communautaire. Elle aborde chaque patient de façon globale, c'est-à-dire en intégrant ses problèmes familiaux, d'emploi, de logement...

On y observe les conditions de vie et en particulier leur dégradation. Une large place est consacrée à la prévention et à l'accès aux soins.

L'équipe permanente, pluridisciplinaire, est composée de médecins, d'une infirmière, de promoteurs de la santé et d'une éducatrice spécialisée. Une nutritionniste et des psychologues y assurent des vacations.

Certains professionnels sont salariés, d'autres bénévoles. En revanche, il n'y a plus d'interprète, faute de subventions.

En deux années d'activité, la case de santé a accueilli plus de 800 usagers et pratiqué quelque 7000 consultations médicales ou sociales.

Ces usagers sont des habitants de ce quartier populaire, sachant que de plus en plus de personnes sont en grande difficulté, qu'il s'agisse d'étrangers malades, de toxicomanes ou de sans domicile fixe qui « squattent » sur la place. Ils trouvent dans ce dispensaire de proximité une écoute et une attention toute particulière, où ils peuvent exposer tous leurs problèmes, sans les « saucissonner ». Car derrière le problème médical reconnu se cachent souvent d'autres difficultés.

Sans doute est-ce parce qu'il s'agit d'un concept -inspiré de modèles canadien et belge- trop alternatif, qu'on ne peut pas le ranger dans tel ou tel tiroir, y affecter telle ligne budgétaire, que la case de santé est aujourd'hui menacée.

A côté des journées portes ouvertes organisées par l'équipe, un comité d'usagers s'est créé pour alterter la population et sensibiliser les élus locaux. Sans budget global ni pluriannuel pour la financer, la structure subsiste à coup de projets de promotion de la santé ponctuels et ciblés sur des publics précis.

Ainsi, l'équipe a monté un projet relatif aux migrants âgés, un autre concernant la santé des femmes, ou encore les sortants de prison, la nutrition, le rapport au corps...

« Le problème est que l'on nous demande de monter des projets ciblés...pour nous dire ensuite qu'ils sont trop spécialisés, que l'on s'éparpille trop! », s'impatiente Amina Messabis, chargée de la promotion de la santé au sein de l'équipe, en référence à la politique d'appel à projet du Groupe régional en santé publique (Grsp) de Midi-Pyrénées. « Nous avons besoin d'engagements sûrs et pérennes pour continuer à faire vivre le centre ».

D'ores et déjà, le conseil général de Haute-Garonne et la mairie de Toulouse ont promis d'accorder une subventions pour 2009. Mais ils n'entendent pas se substituer à l'Etat, sachant que, selon la mairie, la case de santé n'a reçu cette année aucun financement de la Direction départemental des affaires sanitaires et sociales (Ddass) !

Pour en savoir plus : www.casedesante.org

Vos réactions

En direct de notre blog

Bien-être

Alimentation

Vive l'olive

Santé

Protection sociale

Société

Seniors

Environnement