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Prévention

Des phtalates chez les bébés

Interview d'Olivier Toma président du C2ds (Comité pour le développement durable en santé)

Vous avez lancé une campagne
pour interdire les phtalates
dans les hôpitaux, pourquoi ?

De très nombreuses études montrent que les phtalates, qu’on utilise pour assouplir le plastique, et notamment
le Pvc, sont cancérigènes, mutagènes
et reprotoxiques. Ce sont des perturbateurs hormonaux. Les nouveau-nés, les femmes enceintes et les
jeunes enfants y sont particulièrement vulnérables. Une directive européenne
interdit les phtalates dans les jouets
et les articles de puériculture. Mais
90 % du matériel médical en contiennent.
En Suède, un médecin a montré qu’après avoir été utilisées pendant trois jours
sur des nouveau-nés les sondes gastriques se rigidifient. Les phtalates avaient
migré dans le corps des nourrissons.
Des chercheurs français ont aussi
constaté qu’au contact du Dehp,
un des phtalates les plus employés,
40 % des cellules à l’origine
de la production des spermatozoïdes disparaissaient au bout de trois jours.

Où les trouve-t-on exactement ?

Ils entrent dans la composition
des tubes, des poches de perfusion
et de nutrition, des cathéters, des gants médicaux, des sondes… Ce sont des composés semi-volatils qui ont d’autant plus tendance à migrer vers le sang qu’ils sont soumis à des chocs thermiques.
Les poches de sang, par exemple,
qui pour être conservées sont successivement chauffées puis refroidies, sont contaminées par les phtalates.
Il y en a aussi énormément dans les sols en plastique, les revêtements muraux, les emballages alimentaires, etc.,
les patients les respirent et les avalent. n
Propos recueillis par B. B.
Olivier Toma est l’auteur de
Hippocrate, au secours, ils sont devenus fous, à paraître cet automne.

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