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Médicaments

Agréal® : quand les soins deviennent cauchemar

Les victimes de l'Agreal® n'ont toujours pas de réponses du ministère de la Santé sur la prise en considération des importants troubles causés par ce médicament, prescrit depuis 28 ans contre les bouffées de chaleur et que l'Agence européenne du médicament (Ame) a décidé d'interdire il y a un peu plus d'un an, le 1er octobre 2007.

Il aura fallu 27 ans pour que l'on se décide à prendre en considération les témoignages d'un nombre grandissant de victimes dont le "calvaire" n'est pas terminé pour autant. "Un long et douloureux calvaire" pour reprendre la formule utilisée par Mireille dans une lettre adressée le 14 janvier 2008 à Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, et restée sans réponse. Toutes comme celles qui lui ont été envoyées par d'autres victimes dont plus de 200 se sont regroupées au sein de l'Association d'aide aux victimes des accidents et maladies liées aux risques des médicaments (Aaavam).

Handicapés à vie

C'est en 2005 que Chantal se voit prescrire l'Agréal® par sa gynécologue qui ne la prévient pas que c'est en fait un neuroleptique. Le sait-elle elle-même ?, car les laboratoires Grünenthal qui diffusent ce médicament pour le compte du fabricant Sanofi-Synthelabo ne le préciseront qu'en avril 2005 sur l'injonction de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

Il faut dire que les effets de l'Agréal® ne passent pas inaperçus sur bon nombre de patientes déjà pendant le traitement pour certaines d'entre elles, avec maux de tête, douleurs dans tous les membres, nausées, fatigue extrême, etc.. Pour Chantal, les effets se sont déclarés à l'arrêt de seize mois de traitement : "très rapidement ce fut la descente aux enfers. On se retrouve littéralement en situation de manque avec des douleurs atroces dans la tête, les bras bloqués, sujets à nausées et vomissements avec aussi des idées fixes de se donner la mort".

Mireille pour sa part avait été "traitée" dans les années 1990 avec pour conséquence une grave dyskinésie (tremblements involontaires du corps). "Pour donner une idée de la force de mes contractures musculaires, je me suis cassé spontanément la clavicule, ensuite ce sont les côtes qui se sont fracturées et j'ai du porter un gilet spécial de maintien pour atténuer mes douleurs". L'implantation d'électrodes dans le cerveau lui a permis de réduire les tremblements mais elle a toujours aujourd'hui de grosses difficultés d'élocution, des pertes d'équilibre et, précise-t-elle, "je suis à vie sous traitement anti-épileptique et anti dépresseur pour ne pas sombrer dans l'idée fixe de la mort et faire une nouvelle tentative de suicide. Et avec tout ça la Cotorep ne veut pas reconnaître mon handicap!".

Les témoignages se multiplient

C'est en cherchant sur internet la raison de leurs maux que Chantal et Mireille ont fait le lien avec l'Agréal® sur le forum d'appel à l'aide de Doctissimo. Elles ont constaté que les témoignages affluaient et petit à petit les explications sont venues.

Pour beaucoup de l'Espagne où plusieurs centaines de victimes ont convaincu les autorités d'interdire le médicament en 2005. En France on s'est contenté de renforcer les informations ( avec mention de la présence d'un neuroleptique) sur ses effets indésirables et de limiter le traitement à une durée totale de trois mois. Les troubles n'ont pas disparus pour autant confirmant bien une dangerosité connue en fait depuis longtemps mais sous estimée par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ( Afssaps) .

Une interdiction de vente bien trop tardive

L'afssaps justifiait le maintien sur le marché de ce médicament par le fait que sur une estimation d'environ 24,4 millions de cures administrées en 27 ans, "226 cas de survenue d'un effet indésirable chez un patient traité ont été rapportés". Outre le fait qu'un très faible pourcentage des effets secondaires d'un médicament sont habituellement signalés par les médecins, ceux-ci pouvaient difficilement relier les troubles neurologiques ou psychiatriques de leurs patients avec un médicament dont ils ne savaient pas qu'il contenait un neuroleptique.

D'autre part les scientifiques savent, comme le rappelle Philippe Pignarre, ancien directeur de communication d'un laboratoire et aujourd'hui éditeur des "Empêcheurs de tourner en rond", que "le modèles des études cliniques nécessaires à l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché ne permet pas de savoir ce que font les médicaments quand ils sont pris sur une longue période". Des arguments pris en compte dans d'autres pays européens mais pas en France où il a fallu attendre la décision de l'Agence européenne du médicament pour qu'enfin l'Afssaps admette que "la balance bénéfice/risques de l'Agréal® était défavorable".

Les victimes se regroupent

L'interdiction de vente de l'Agréal® a révélé encore plus l'importance de ses effets secondaires à tel point que l'Afssaps recommandait de ne pas interrompre brutalement le traitement mais de le faire arrêter progressivement avec du véralipride par le médecin. A l'instar de Mireille et Chantal les témoignages se sont multipliés notamment par le biais de forums sur internet entraînant la décision d'un regroupement des victimes pour faire reconnaître la gravité des séquelles irrémédiables sur leur état de santé afin d'avoir les moyens de se soigner et d'obtenir réparation.

Mais rien n'est simple constate Mireille : "on peut obtenir un dédommagement de la part de la sécurité sociale mais il faut fournir les ordonnances tamponnées. C'était en 1993-94, je ne les ai plus. Comme la sécu ne les garde que deux ans et que le pharmacien n'a plus le registre, je ne peux rien obtenir".

Plus de 200 plaintes en cours d'instruction

En attendant que les actions collectives en justice soient reconnus, "plus de 200 dossiers individuelles sont en cours d'instruction pour engager des négociations avant des recours en justice", indique Georges Alexandre Imbert, le président de l'Association d'aide aux victimes des accidents et maladies liées aux risques des médicaments (Aaavam).

Le but étant, insiste Chantal, dans un "appel au secours" lancé à la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, Roselyne Bachelot, "que les personnes en cours de traitement suite aux dégâts engendrés par ce médicament soient prises en charge à 100%. Nous souhaiterions que la responsabilité des laboratoires ayant inventé, fabriqué et commercialisé ce produit soit définie et que ces derniers soient condamnées à indemniser leurs victimes".

Et, sans attendre, elles demandent aux "pouvoirs publics de diffuser une large communication sur les effets de l'Agréal®, qui peuvent se manifester 20 ou 25 ans après le traitement, ne serait-ce déjà que pour apporter une réponse à ces femmes qui se demandent pourquoi elles souffrent tant".

- Association d'aide aux victimes des accidents et maladies liées aux risques des médicaments : 10 rue de la Paix, 75002 Paris.
site :http://www.aaavam.eu/
Courriel : aaavam@orange.fr

- Philippe Pignarre : Le Grand Secret de l'industrie pharmaceutique (Poche-La Découverte 2004)

Vos commentaires

Tout d'abord je veux remercier Rosée2005 qui a lancé l'alerte en France, dès qu'elle s'est sentie mieux et qu'elle a eu la force de le faire, car c'est grâce à Rosée2005 que les forums ont été créés et que nous avons ainsi été informées de ce qui nous arrivait.Rosée2005 nous a sauvé la vie.
Ensuite, je tiens à remercier les MUTUELLES DE FRANCE et Monsieur Romain HUGON, qui nous ont reçues, écoutées, et ont permis cet article afin que les gens soient informés puisque les médias et le gouvernement se taisent.
Après 11 mois de calvaire à trembler, à grelotter, à ne plus pouvoir marcher ni écrire, à me traîner lamentablement d'une chaise à mon lit, j'ai lancé un SOS sur un forum d'homéopathie début janvier 2008 ; je ne pesais plus que 43 kgs pour 57 kgs à l'arrêt de cette drogue.
Une heure après, un homéopathe m'appelait. J'ai été très rapidement et sérieusement prise en charge et mi janvier déjà je pouvais à nouveau marcher.
Au fil des jours j'ai retrouvé des forces et j'ai pu recommencer à m'occuper de la maison.
Je sais que je reste très fragile car à la moindre contrariété des tremblements au niveau des mains reviennent et je ne peux plus écrire ; mon poids est maintenant de 47 kgs.
Retrouverai-je la santé, la vitalité que j'avais avant ? Cette question nous nous la posons toutes et personne ne peut nous répondre.
D'ailleurs, un très grand nombre de médecins nient que tous les symptômes dont souffrent maintenant grand nombre de femmes, viennent d'AGREAL.
Courant juin, un nouveau message est venu se rajouter aux autres : "à l'arrêt d'AGREAL, ma maman a été hospitalisée en psychiatrie ; au bout de 2 mois, les médecins la jugeant guérie l'on renvoyée chez elle ; 15 j après, elle mettait fin à ses jours."
Nous, NOUS SAVONS QUE C'EST AGREAL, AGREAL donne des idées fixes de SE TUER ; j'ai eu cette idée durant une demi journée : "tu dois te tuer, tu dois te tuer,..." Si mon mari n'était pas arrivé, je serais passée à l'acte.
Il y a beaucoup de femmes qui souffrent sans savoir le POURQUOI. Malgré nos courriers demandant à Madame la Ministre de la Santé de divulguer une information médiatique sérieuse, rien n'a été fait ; on ne nous a même pas répondu.
ON NOUS IGNORE !!!!!!!!!
J'estime que ce pseudo médicament, dérivé d'un neuroleptique pour schizophrènes, a été mis sur le marché dans le simple but DE FAIRE DU FRIC.
La SANTE est une INDUSTRIE comme une autre ; ne dit-on pas d'ailleurs "INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE" au même titre qu'un produit ménager.
J'ai lu l'excellent livre de Philippe PIGNARRE "Le grand secret de l'industrie pharmaceutique" et j'ai eu confirmation de ses écrits par l'ex PDG de Sanofi qui a dit devant une salle comble d'étudiants (j'y étais) : "l'Industrie Pharmaceutique est sur son déclin, nous allons devoir nous tourner vers l'ALIMENTAIRE.
Ceci est assez effrayant lorsque l'on sait que LA SANTE c'est D'ABORD DANS NOTRE ASSIETTE.
Je souhaite beaucoup de courage à toutes les femmes qui vivent l'ENFER D'AGREAL.
Notre devise est COURAGE et PATIENCE.
Chantal.

victimes d'agréal, ma vie est devenue un enfer depuis plus de 3 ans !!!
Je trouve scandaleux que de nos jours aucun médecin ou spécialiste ne puisse nous aider !!!
A part prescrire des anti depresseurs, anxialiques ou autres qui ne font qu'agraver ce prolbème grave !!!
de nombreuses femmes souffrent considérablement et se demandent comme moi même d'ailleurs si un jour notre vie redeviendra normale !!!
Mme Bachelot à qui nous avons envoyé un courrier pour expliquer notre détresse n'a même pas eu la délicatesse de nous répondre !!
C'est une honte !!!
Merci aux personnes qui ont pris le temps de nous écouter et d'énoncer cet article.
Vivi

C'est par la "dépêche du midi" en décembre 2007 que j'ai appris le retrait d'Agréal" que j'avais pris de 2002 à 2004 sans savoir que c'était un neuroleptique ! j'ai enfin compris la raison de mes problèmes de santé qui s'accumulaient : fatigue extrême, stress +++, torticolis, tremblements, glaucome, syndromes extra-pyramidaux, tendinites... idées noires... pertes de mémoire...
Je l'avais pris en toute confiance puisque prescrit par ma gynécologue pour les bouffées de chaleur...

Agréal a été retiré de Colombie et du Vénézuela, grâce à la ténacité des femmes espagnoles, très touchées par Agréal. Une de ces femmes a été invitée en Colombie par une chaine de télévision et un médecin, afin de parler d'AGREAL.
Vous pouvez lire leurs combats et leur forum, en utilisant un traducteur internethttp://babelfish.altavista.com/tr
par le biais du copier/coller.
http://www.enfermasdelagreal.com/index.php?pagina=3&familia=1
http://afectadasagreal.metropoliglobal.com/
Si en Afrique l'AGREAL est toujours en vente, il l'est également au Maroc, et dans combien d'autres
pays ???
Il faut savoir que lorsqu'il est dit qu'un "médicament est retiré" cela signifie qu'il n'est plus distribué, car ce qui a été vendu dans les pharmacies continue à être écoulé.
Si AGREAL a été "retiré du marché" fin octobre 2007, en janvier 2008 il était possible d'en trouver dans certaines pharmacies.Il y a pas de petit PROFIT.
Lorsqu'un produit contient des salmonelles ou autres, nous sommes avertis aux actualités télévisées et il nous est demandé de RAPPORTER le produit incriminé.
Apparemment ce n'est pas le cas pour l'INDUSTRIE du médicament.
Lorsque je suis retournée voir le médecin qui m'avait prescrit AGREAL (une femme), celle-ci m'a dit "mais je savais que c'était un neuroleptique, je n'ai jamais eu de problème (???) et j'ai bien l'intention de continuer à le prescrire."

Je suis moi aussi une victime de ce pseudo médicament qu'est Agréal..sans savoir que c'était un neuroleptique.
Alors que j'étais une femme dynamique,ma vie est devenue depuis 2ans un véritable enfer..(vertiges..perte d'équilibre...jambes raides...angoisses énormes ...dépression...douleurs permanentes...etc)
De plus suite à mon arrêt de travail,j'ai perdu mon emploi...et n'ai plus aucune vie sociale..
Chaque jour est un jour de souffrance...chaque nuit est peuplée d'insomnies...
A ce jour..aucune thérapie n'a pu apaiser ni atténuer les effets désastreux de ce poison...
Patience et courage...en effet il en faut...
Nadine

Courage Nadine, courage. Ta vie vaut beaucoup plus que cette maudite gélule verte.
Chantal.

Oui Vivi, déjà + de 3 ans de souffrance pour toi et pourtant tu es toujours présente pour soutenir les autres.
Tu es une femme formidable et tu sais que je le pense.
Chantal.

J'espère qu'un jour tu m'annonceras enfin de bonnes nouvelles Ysatis. Je suis contente de te lire sur ce forum, mais je serais encore plus contente si c'était pour annoncer que tu es guérie.
Ne baisses pas les bras. Chantal.

Merci Chantal,
Tu sais que cette dramatique histoire me bouleverse !!!
Je n'accepte pas l'injustice !!!
Je ne suis toujours pas guérie mais tant que j'aurais un souffle de vie, je me battrai !!!
Ensemble nous y arriverons, il faut s'accrocher !!!
Merci pour tout !!!

Courage Ysatis !!!
Je sais, c'est très difficile toutes ces souffrances !!!
Mais nous y arriverons !!!
Bisous.
vivi

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